Du Fond du Lac

Ernestine Nestor, dite Nessy, vouivre du Loc'h Ness, vous fait part de ses coups de coeur, de ses humeurs écologiques, de ses instants de folie et des passages de livres qu'elle a aimé.

02 décembre 2006

T dérivé du tsadé

D’après Marc-Alain Ouaknin, « Les mystères de l’alphabet »
Livre retrouvé puis acquis au café Librairie Caplan à Guimaëc
lors de la rencontre avec Naturel et Sar@h

Nom

Tsadé c’est l’hameçon, l’ancre.

Formes originaires en protosinaïtique

Hameçon, harpon.

Formes classiques du tsadé en hébreu moderne et classique

       
 

Ecriture carrée simple

 

צ

 

Ecriture cursive

 
 

3

 

Sens originaires

Chasser, pêcher, capturer.

Le tsadé c’est l’hameçon et l’ancre. Cette image de l’ancre est très visible dans la forme de la cursive hébraïque.

L’idée d’arrêt du mouvement est donc marqué par le tsadé.

tsade_ancre

Sens dérivés

Capturer, dresser des embûches, épier, séduire, captiver, pêcher, chasser, prison, arrêt du devenir, empêchement, retenir.

Mais aussi but, cible, objectif (on lance le harpon sur …)

Sens acquis et mémorisés par la langue hébraïque

Hameçon, chasser, capturer.

Valeur numérique

90

tzadeh

évolution des caractères
image provenant du site
de l'aleph à l'@

 

018_tsadde

TSADDE, l'Androgyne

Tarot des Lettres Hébraïques sur Eternel Présent

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23 octobre 2006

Alphabet

D’après Marc-Alain Ouaknin, « Les mystères de l’alphabet »
Livre retrouvé puis acquis au café Librairie Caplan à Guimaëc
lors de la rencontre avec Naturel et Sar@h

protosinaitique1

 

 

L’alphabet que nous connaissons aujourd’hui dans nos langues occidentales est dérivé d’un alphabet dont la naissance remonte à plus de 3500 ans et que l’on nomme protosinaïtique. Elle fut découverte par F. W. M. Petrie en 1905 et date du XIVe-XVe siècle avant l’ère chrétienne, à l’époque de la reine égyptienne Hatchepsout et de Toutmès III. Epoque qui coïncide avec le séjour des hébreux en Egypte et leur sortie d’Egypte qui va les mener au Sinaï pour recevoir la Loi.
L’interdit de l’image est sans doute le moteur même de l’évolution de l’alphabet, le passage de la forme pictographique à sa forme alphabétique abstraite.

 

image du site de l'aleph à l'@

C’est sur un petit sphinx de grès découvert dans le temple de Hathor, sur le plateau de Serabit-el-Khadem dans la péninsule du Sinaï où se situaient des mines de turquoises, que Petrie découvrit cette écriture.

L'entrée du temple de Serabit el Khadim

serabit1
photo du site de J.M. Mercier : Les mines de pharaon


L’écriture protosinaïtique est constituée de trente signes distincts consonantiques dont près de la moitié ont, de manière claire, emprunté leur forme à l’égyptien hiéroglyphique.

Sphinx de Serabit Khadim comportant des inscriptions en Proto-sinaïtique et en ancien Égyptien

   sphinx02   sphinx03      sphinx01

images provenant du site de l'aleph à l'@

   

Le sphinx de Serabit El Khadim (British Museum) ou l'on reconnaît la séquence " B ' LT "
Beit 'ayin  Lamed Taw

sphinx
photo du site de J.M. Mercier

 

L’alphabet grec, qui par la suite a donné naissance à l’alphabet latin, dérive directement de l’alphabet protosinaïtique via le phénicien et l’hébreu ancien.

alphabet grec peint sur un vase attique,
Musée national archéologique d'Athènes

Alphabet_grec
image wikipedia

La séquence des lettres de notre alphabet est fondamentalement le même que dans l’alphabet protosinaïtique. Les grecs ajoutent une dimension à la première écriture alphabétique en utilisant certaines lettres phéniciennes pour représenter les voyelles.

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12 octobre 2006

M

D’après Marc-Alain Ouaknin, « Les mystères de l’alphabet »
Livre retrouvé puis acquis au café Librairie Caplan à Guimaëc
lors de la rencontre avec Naturel et Sar@h

 

Nom

M est l’initiale du mot hébraïque mèm qui signifie « eau ».

eau

Formes originaires en protosinaïtique

Filet d’eau, vaguelettes à la surface de l’eau.

Formes classiques du aleph en hébreu moderne et classique

M




   

Sens originaires

Eau, eaux.

Sens dérivés

Mouvement, dynamisme, courant, questionnement sur l’identité, identité en mouvement, question sans réponse (le mot mayim ou mèm se compose de deux mi, l’un qui s’écrit de la droite vers la gauche et le second de la gauche vers la droite).

mayim

MY ou mi signifie en hébreu « qui ? » question sur l’identité. La lettre grecque mu se prononce quasiment mi et préserve cette notion de questionnement sur l’identité ; désir, volonté ; tension vers. Il est possible de voir dans l’évolution de la lettre et son passage de la verticale à l’horizontale, et inversement, des modifications sur l’objet du questionnement identitaire. Le mi vertical est interrogation théologique, vers Dieu, « Qui es-tu ? » Le mi horizontal est anthropologique, « Qui es-tu, toi l’homme ? », origine, racines.

StMichel
L'archange Mikaël, "Qui est comme Dieu ?"

Comme nous l’avons souligné au début de ce chapitre, la lettre mèm désiqgne l’eau, le filet d’eau ou le courant, voire le fleuve. La notion essentielle rattachée à cette lettre est ainsi le mouvement, le flux, l’écoulement, la dynamique d’une existence sans rupture, une démarche continue vers un ailleurs, modalité métaphorique et métaphysique de l’être. L’eau exprime aussi la possibilité de la purification. Au-delà des problèmes d’hygiène, la purification est liée à la vie en tant que mouvement et dépassement, elle est liée aussi à la conscience claire que nous sommes des êtres mortels. Malgré cette conscience que nous sommes des créatures vouées à la finitude, nous ne devons pas nous laisser aller au désespoir. L’impureté est la confrontation avec sa propre finitude lorsque nous croyons ne pas pouvoir en sortir. La pureté et plus précisément la purification est le travail qui consiste à surmonter l’illusion « d’une insoutenable lourdeur de l’être ». En entrant, en s’immergeant dans l’eau vivante, courante, dynamique du fleuve, l’homme reprend conscience de sa dynamique intérieure qui est le fondement de la vie, « fontaine de jouvence » et « eau de vie » existentielles. Il est intéressant de savoir que, d’après la tradition hébraïque, on ne peut pas se purifier dans l’eau stagnante. Il faut nécessairement de l’eau de pluie ou de l’eau naturelle (rivière, océan, etc.) en mouvement.

Sens acquis et mémorisés par la langue hébraïque

Eau, eaux, marque grammaticale au masculin pluriel im (placé en fin de mot), préfixe qui indique la provenance, l’origine (ani ba mé … : je viens de … ).

Valeur numérique

40

mem

évolution des caractères
image provenant du site
de l'aleph à l'@

   

"je dis M, la N je la jette !"

Matthieu Chédid, M

   

   

mem_13
MEM, la Grande Mère
Tarot des Lettres Hébraïques sur Eternel Présent

 


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22 septembre 2006

H

D’après Marc-Alain Ouaknin, « Les mystères de l’alphabet »
Livre retrouvé puis acquis au café Librairie Caplan à Guimaëc
lors de la rencontre avec Naturel et Sar@h

   

Nom
H est l’initiale du mot hèt qui, dans les langues sémitiques, signifie la clôture, le mur, l’obstacle.

Formes originaires en protosinaïtique

Le hèt est un enclos, une barrière avec plusieurs barreaux.

Formes classiques du hèt en hébreu moderne et classique

Ecriture carrée heth

          

Ecriture cursive    ח

 
Sens originaires
Barrière, clôture.

Sens dérivés
Faute, bandeau, temps présent, créneau, mur, rempart, surface.

L’énergie primordiale (aleph) ne peut s’exprimer ; elle est emprisonné à l’intérieur d’un espace fermé de toute part. Prisonnier du temps, prisonnier de l’espace, l’homme du H se trouve face à un mur (qui se dit hèt en araméen oriental, et en arabe : hayt). Ce blocage ne permet plus à l’être vivant de déployer ses potentialités, de s’ouvrir vers le futur. Catastrophe ontologique que le verset 11 du chapitre 47 du prophète Isaïe traduit de la façon suivante :

« Le malheur vient sur toi
Tu n’es pas capable de discerner
Le matin qui se renouvelle,
Et tombe sur toi le présent.
Tu ne pourra le recouvrir
Et viendra sur toi tout à coup
Shoah, le malheur, la destruction,
Tu ne sauras pas. »


Verset magnifique qui énonce que le malheur le plus absolu, la catastrophe la plus immense qui peut se produire au niveau collectif ou au niveau individuel est l’engluement dans le présent (hové).
Vivre, c’est percevoir les forces qui sont à l’œuvre dans le renouvellement incessant du monde, c’est sentir l’émergence d’une aube nouvelle, d’une création qui ne peut aller sans un déchirement, un éclatement de ce qui préexiste (ce que nous avons compris dans la lettre zayin, le G de notre alphabet*).
Le H est une lettre qui signifie le « mal » ; il est homophone du mot hèt qui signifie « la faute ». La « faute » dans la tradition hébraïque est le résultat de l’impossibilité de briser les murs et les frontières du temps, l’impossibilité d’une éthique de l’action ; L’homme tombe dans les pièges du H quand il perd la faculté de commencer, d’entreprendre, de prendre une initiative. L’action éthique s’oppose au « comportement », qui n’est que le geste répété, imitant un geste déjà fait, sans avoir la force de l’innovation. Le H est la faute, car comme clôture, il fait oublier à l’homme que l’éthique de l’action est la capacité de commencer du neuf, il nous fait oublier que « les hommes, bien qu’ils doivent mourir, ne sont pas nés pour mourir mais pour innover. »
L’action éthique qui fracture l’enclos du H est une naissance. Elle est liberté. Parce que nous sommes nés, nous sommes condamnés à être libres. L’action éthique envisage le monde non pas dans ce qu’il est, mais dans ce qu’il a à être. L’homme est liberté, celle-ci portant la promesse d’un « avoir à être ». L’homme en devenir doit ainsi toujours être en train de se faire, de se construire, de s’inventer autrement, de se parfaire. Ainsi la perfection de l’homme réside dans sa « perfectibilité », selon une formule chère à André Neher. Lorsque cette dynamique d’invention rencontre un obstacle et se trouve dans l’impossibilité de le surmonter, l’homme ainsi bloqué est en situation de H ; il existe de nombreux moyensd’en sortir que nous évoquerons lors de l’explication d’autres lettres de l’alphabet.

Sens acquis et mémorisés par la langue hébraïque
Faute (par homophonie)

Valeur numérique
8

heyt

évolution des caractères
image provenant du site
de l'aleph à l'@

 

* non encore rédigé !

@ voir : de l'aleph à l'@

Posté par Nessy à 15:56 - Alphabet - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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