Du Fond du Lac

Ernestine Nestor, dite Nessy, vouivre du Loc'h Ness, vous fait part de ses coups de coeur, de ses humeurs écologiques, de ses instants de folie et des passages de livres qu'elle a aimé.

06 décembre 2007

L'Alliance pour la planète suspend sa participation au Grenelle de l'environnement

Les écologistes suspendent leur participation au Grenelle de l'environnement
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-33505125@7-50,0.html
AFP 06.12.07 | 17h35

L'Alliance pour la planète (80 associations dont Greenpeace et le WWF) a suspendu sa participation au processus du Grenelle de l'environnement pour protester contre l'absence de concertation de la part du gouvernement, selon un communiqué publié jeudi.

"L'Alliance pour la planète suspend sa participation au Grenelle tant que le dialogue à cinq n'est pas rétabli", indique le collectif. Le dialogue "à cinq" devait assurer un suivi des mesures décidées par le Grenelle en associant les 5 collèges de ce vaste débat mené jusqu'à fin octobre: représentants de l'Etat, des collectivités locales, du patronat, des salariés et des associations de protection de l'environnement.

"L'Alliance demande au ministre d'Etat Jean-Louis Borloo d'organiser en urgence une réunion du groupe de contact inter collèges et de stopper un processus opaque et unilatéral qui sape les résultats du Grenelle", indique le collectif.

"Déchets, forêts, publicité, éco-pastille, OGM ... les premières mesures de suivi et de mise en oeuvre du Grenelle conduisent à une remise en cause une à une des décisions prises il y a moins de 6 semaines", fait valoir Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace et porte-parole du collectif.

"L'Alliance demande au président de la République et au ministre d'Etat de remettre en marche la dynamique de travail collective et ainsi de restaurer la confiance", ajoute M. Jadot.

   

Mauvaise pub pour le Grenelle de l'environnement
http://www.20minutes.fr/article/199278/France-Mauvaise-pub-pour-le-Grenelle-de-l-environnement.php


Pas la même culture pub. Les écologistes ont claqué la porte du groupe de travail du Grenelle de l'environnement portant sur la publicité. En cause, des divergences de vues profondes avec le bureau de vérification de la publicité, composé de professionnels du secteur. «C'est un vrai clash, survenu mardi en réunion, on a carrément claqué la porte», nous a indiqué jeudi un représentant de l'association WWF.

Le collectif «Alliance pour la planète», dont fait partie WWF, souhaite que les publicités vantant les mérites verts d'un produit reçoivent également l'assentiment des écologistes, et non plus des seuls professionnels de la publicité, comme c'est le cas aujourd'hui. Aucun accord n'a pu être trouvé sur ce point avec le BVP.

Selon les écologistes, il est urgent de mieux encadrer la publicité: «Les voitures soit disant écologiques c'est n'importe quoi, s'énerve un membre de WWF. Et ce matin encore j'ai vu dans la presse une publicité vantant les mérites verts du bioétahnol. Depuis quand les émissions de CO2 c'est bio?

Stéphane Colineau
20Minutes.fr, éditions du 06/12/2007 - 15h04
dernière mise à jour : 06/12/2007 - 15h06

11 novembre 2007

Grenelle, où en sommes-nous ? Discours du Président et Rapport du rapporteur

Voici déjà 2 semaines que le Grenelle de l'environnement est clos, mais qu'il doit se poursuivre, parait-il pendant une année. Que peut-on en penser ?

Outre les recherches habituelles sur les moteurs de recherche, je reprends quelques infos sur la note bien documentée de Luc sur Gaïa, qui par ailleurs me semble bien optimiste : La France lance sa révolution écologique. Il donne le lien sur la video du discours du Président de la République la veille de l'issue du Grenelle, prononcé en présence de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et d'Al Gore et Wangari Maathaï, prix Nobel de la Paix. Je découvre ainsi le site de L'Elysée. J'avoue que je n'avais encore jamais pensé à revisionner des discours de présidents français, habituellement largement repris par les medias classiques, radios, télés.

discours_president_25_10_2007

Luc donne aussi le lien vers un document (en .pdf) sur le site officiel du Grenelle, le Rapport du rapporteur général et cet article du Nouvel Obs qui résume les principales mesures adoptées à l'issue du Grenelle, que je copie dans les annexes en bas de page. Je vous colle ci-dessous le "propos liminaire" du rapport du rapporteur qui donne déjà une bonne idée de l'ensemble. Je crois y lire quelque chose comme : "sorties de secours diverses et variées assurées de tous côtés".

Propos liminaire

Le présent rapport est fondé sur les rapports des six groupes de travail et des deux intergroupes du Grenelle, l’analyse des contributions volontaires et les synthèses des débats en province et de la consultation internet. Il ne constitue cependant pas un résumé des travaux, qui aurait par nature été réducteur au regard de leur très grande richesse, et de toute façon contesté, mais tente de dégager un cadre de cohérence pour l’action publique et de trouver un chemin critique là où la discussion des groupes n’a pas permis d’aboutir à un accord. Il double cet exercice de synthèses transversales.

Il ne saurait être lu comme l’exposé d’un programme, et encore moins comme la sélection ou la hiérarchisation des propositions, mais comme le  socle de ce qui pourrait être une stratégie de développement durable fondée sur le triple objectif de lutte contre le réchauffement climatique, de préservation de la biodiversité et de réduction des pollutions. En ce sens, il est conçu comme un exposé des motifs de la future loi de programme dont s’accompagnera la mise en œuvre du Grenelle et devra bien entendu être adapté aux résultats des discussions de la table ronde et aux décisions politiques qui les suivront.

Thierry TUOT, rapporteur général

Le site @rrêt sur images (à défaut de l'émission télé disparue des écrans) quant à lui, décerne le Grenelle de la présentation à France 2. Aurélie Windels déchiffre habilement les images vues et les phrases entendues sur cette chaîne et jette un doute, comme un pavé dans la mare, sur l'euphorie collective et le triomphalisme affiché des acteurs, medias classiques compris, de ce Grenelle.

Je ré-écoute le discours du Président. Le jour même, je n'avais pas pu l'entendre en entier. Tout parait magnifique, la France pays de la Révolution et des Droits de l'Homme (pas encore des Droits Humains, mais bon, les Femmes ne sont que la deuxième moitié de la population) va faire La Révolution Ecologique et devenir le Modèle de l'Humanité.

Premier point qui me fait bondir : la question des déchets. A l'heure de ce discours et même encore aujourd'hui la question des déchets n'est pas résolue. Mais comme le Grenelle va se prolonger une année, on verra bien. Non, ce qui me fait hurler, c'est l'oubli systématique des déchets nucléaires !

Je lis le rapport du rapporteur p.9, passage sur les déchets nucléaires :

Enfin, la délicate question des déchets doit faire l’objet d’orientations et d’un suivi destiné à ne pas créer - comme la loi en a posé le principe - l’irréversible au regard de solutions techniques permettant d’en disposer de façon plus sûre, non encore connues mais qu’une recherche appropriée pourrait un jour permettre de définir. Comme pour d’autres domaines (déchets d’autre nature, CO2, biodiversité), le coût environnemental de ces déchets doit être clairement affiché (sa prise en compte actuelle suscite des controverses qu’un débat plus large et plus transparent doit traiter).

Au moins, le sujet est évoqué dans le rapport, c'est rassurant ? J'en ressors ces mots : "solutions techniques [...] non encore connues mais qu’une recherche appropriée pourrait un jour permettre de définir". La Recherche a de beaux jours devant elle et de quoi s'occuper. C'est tellement énorme, c'est vrai qu'il vaut mieux ne pas en parler, de toute façon personne n'a de solution. Et comme on n'a pas de solution pour les déchets nucléaires et que le nucléaire, comme les ONG qui représentent les préoccupations des Français sur ce point,  n'ont pas été invités au Grenelle on n'en parle pas. Et de plus, le nucléaire est présenté comme une solution écologique !

Longtemps dominée par la perspective d’un épuisement des ressources en hydrocarbure, la politique énergétique l’est désormais toute entière par les impératifs de la lutte contre le réchauffement climatique. Il faut souligner que la France est dans une situation d’avant-garde à cet égard, combinant les atouts d’une production d’énergie renouvelable très significative grâce au parc hydroélectrique construit tout au long du XXème siècle, et d’une production d’électricité nucléaire qui rejette très peu de CO2 dans son fonctionnement.

Deuxième point, en relation avec le premier puisqu'il s'agit encore du nucléaire, c'est la formidable transparence qui me révolte. Elle est formidable, énorme, effrayante cette transparence décrétée par le Président ! On vous dira tout, absolument tout ! Les Français ont le droit de savoir et même de se faire leur propre opinion (allons bon ?). "Toutes les données seront désormais communicables, y compris sur le nucléaire et les OGM". Petit bémol à bien écouter : "les seules limites seront le secret de la vie privée" et là il fait très fort Monsieur le Président en évoquant d'un hochement de tête, d'un sourire faussement crispé et de la phrase posée entre parenthèses "... beaucoup à faire en la matière", sa propre vie privée soi-disant mise à mal par les médias. Des médias qui je le rappelle, appartiennent tous à des amis proches, comme MM. Bouyghes, Lagardère et Dassault, marchands d'armes par ailleurs mais c'est un autre sujet. Quoique ... Donc tout le monde se détend, la petite phrase qui suit est-elle entendue ? : "sauf également ce qui concerne la sécurité nationale et le secret industriel". Tiens, donc, mais c'est justement exactement cela qu'on reproche au nucléaire, d'être couvert par le sercret défense ! Et aux OGM, d'être couverts par le secret industriel ! Qu'y a-t-il de changé ? Je reviens sur "les Français ont le droit de se faire leur propre opinion". La mienne est très mauvaise.

Je continue l'écoute du discours.

Troisième bondissement suite à l'affirmation : "celui qui pollue doit être comptable de ses actes même après des années si un drame survient". Très bien ! La pollution générée par les centrales nucléaires va donc pouvoir être punie ? Quand je pense que la centrale de Brennilis a fonctionné 18 ans, que cela fait 22 ans qu'elle est en cours de démantèlement et que les travaux ont été arrêtés à cause de déchets radioactifs et d'une "forte sous-évaluation" de l'activité radiologique. La radioactivité, c'est de la pollution, non ? Je précise qu'il y en a encore 54 centrales sur 57 qui arrivent en fin de vie. A-t-on une solution pour leur démantèlement ? Ou leur prolongation dans la sécurité ? Mais comme le dit le Président "on ne peut pas être responsable le matin et irresponsable l'après-midi". Rassurons-nous, les coupables de pollution seront punis.

Suit le passage de la suspension de la culture commerciale d'OGM pesticides en attendant une loi prévue pour début 2008, c'est à dire pendant l'hiver. Risible, ou comme le dit Isabelle Fontenoy, j'arrête de fumer jusqu'à la prochaine clope. Par contre, les faucheurs seront punis.  Rire jaune. Et pourquoi une loi ? Le principe de précaution, sauvé des griffes d'Attali, et dont le Président s'excuse vis-à-vis de l'Europe en la personne de M.Barroso, ne peut-il pas suffire à en interdire la culture en pleine champ, alors qu'on sait pertinemment qu'il est impossible de cultiver des OGM et des organismes naturels côte à côte ? Et à part ça, la culture d'OGM non commerciale reste autorisée ? Et celle des OGM non pesticides aussi ? Et de plus, la suspension en question n'inclut pas les "OGM d'avenir" pour lesquels "la recherche doit être accélérée". Pas en plein champ, j'espère !

Dans la foulée, retour sur le nucléaire.

"Il est illusoire en France de vouloir relever le défi du climat, notre premier défi, sans l'énergie nucléaire. Aujourd'hui nous n'avons pas d'autre choix, sauf à renoncer à la croissance". Vais-je réussir à écouter jusqu'au bout ? Quand j'entends un ramassis de mensonges et un paquet d'absurdité, j'avoue perdre mon calme. Arrêt momentané de la video, reprise du rapport p.9 :

L’industrie nucléaire reste certes l’objet de controverses qu’il ne faut pas sous-estimer. Une opposition de principe demeure de la part de certaines ONG environnementales, qui mettent en avant les risques liés à la gestion des déchets. Mais cette opposition se heurte à un état de fait : la France ne peut aujourd’hui pas se passer de l’électricité nucléaire. Ceci pour deux raisons : d’une part parce qu’elle représente 75% de sa consommation d’électricité, assure une large part de sa sécurité énergétique et de son indépendance, tout en protégeant les consommateurs des à coups du marché, d’autre part parce qu’il est impossible d’envisager la réduction des émissions de CO2 qu’appelle l’objectif du facteur 4 en se privant de cet atout. 

Il est pourtant incontestable que l’énergie nucléaire est une réponse partielle et temporaire aux besoins français : partielle parce que l’électricité ainsi produite ne peut répondre à tous les besoins, temporaire parce que consommant une matière première (l’uranium) qui si elle est disponible et abondante n’en est pas moins à terme finie et sujette aux aléas éventuelles de toutes matière première en termes de sécurité d’approvisionnement. D’autre part, les déchets nucléaires, aussi longtemps qu’une solution pérenne d’inactivation (par réutilisation) n’a pas été trouvée, suscite des angoisses qu’on peut trouver disproportionnées  relativement aux autres déchets dangereux, mais pas infondées au regard de leurs propriétés.

Ok, donc je suis parano quand je répète que le nucléaire n'est pas une énergie d'avenir mais des dangers à venir, mais ce n'est pas tout à fait injustifié. Pourquoi alors ne pas stopper tout nouveau projet de centrale pour se consacrer au développement des énergies renouvelables tout en faisant parallèlement de gros efforts d'économie d'énergie ? Parce que : "nous n'avons pas d'autre choix, sauf à renoncer à la croissance". Evidemment. Mais les ressources de la Planète ne sont pas infinies M. le Président. C'est d'ailleurs le tout début de votre beau discours. Jusqu'où devons nous croître puisque vous l'avez dit vous-même nous avons déjà dépassé les bornes des limites !

Bien, j'ai écouté le discours jusqu'au bout, j'avoue que lorqu'on l'écoute rapidement comme je viens de le faire pour la seconde moitié, on peut être séduit, convaincus que quelque chose de nouveau arrive. Mais je reviendrais sur la seconde partie plus en détail car j'ai une extrème méfiance envers les beaux parleurs, il reste à la décrypter en parallèle avec le rapport. J'y reviendrais aussi parce que je ne comprends pas vraiment pourquoi Mme Alliot-Marie s'amuse autant à la fin de l'allocution, lorsque M. le Président fait remarquer qu'aucun membre des ONG présentes n'est sorti de la salle avant la fin.

MAM_rigole

Tout en reconnaissant que ce Grenelle est une expérience intéressante, dont les prolongations qui devraient s'étaler sur une année doivent être suivies avec attention, je reste dans le doute. Est-ce un bon exemple pour les autres pays ? Finalement très loin d'être aussi optimiste que Luc, je pense que nous devons rester vigilants. Le modèle n'est peut être pas celui qu'on essaye de nous faire voir. Rappelons-nous le grand super show des présidentielles, c'était il y a à peine six mois. On nous a fait croire qu'il n'y avait que deux solutions pour notre avenir : taper 1 si vous voulez Sarko, tapez 2 si vous voulez Ségo.

Imaginez que toute cette mise en oeuvre du Grenelle ne soit qu'une opération de communication. Imaginez qu'elle soit destinée à rassurer le consommateur afin de le libérer de toute contrainte. Le consommateur est tranquille puisque le gouvernement, en concertation avec les divers représentants de la société civile, syndicats, entreprises, ONG, élus et administrations le décharge de sa responsabilité dans la dégradation de notre environnement, du réchauffement climatique, des pollutions diverses et de l'extinction généralisée des espèces.

Imaginez un Président de la République plus médiatique que démocratique. Imaginez qu'en parallèle du Grenelle, on nous rebatte les oreilles de la dette française, de la nécessité de relancer la croissance. Imaginez que la France se glorifie de vendre des centrales nucléaires, des avions de guerre, des super gros avions de lignes. Imaginez un Président de la république plus VRP des lobbies que représentant du peuple du pays qu'il préside.

Imaginez que les grosses entreprises internationales reprennent à leur compte ce souci de préserver l'environnement par une communication performante dénuée de toute moralité. Que la conscience écologique du consommateur soit utilisée comme un argument de vente à tout va. Que le blanchiment écologique (greenwashing) soit ce qu'il y a de plus "branché" dans l'univers de la com. Que paraître écolo soit "tendance".

Imaginez.

Ceci dit, Halloween est passé, c'est les promo de Noël en ce moment, ne perdez pas votre temps à lire  sur internet des âneries d'extrémistes adeptes des théories du complot, courrez au supermarché !

Nessy, d'humeur massacrante.

 


Quelques articles post-Grenelle :

Des mesures qui vont dans le sens des ONG

LE MONDE | 26.10.07 | 14h57  •  Mis à jour le 26.10.07 | 17h59

Le travail préparatoire mené au sein des groupes du Grenelle a été crucial : les mesures les plus ambitieuses ont été prises dans les domaines qui avaient été le mieux défrichés. Au contraire, l'examen de la question des déchets, trop peu discutée en amont, a été repoussé de trois mois.

A l'issue du processus, les participants à cet exercice inédit ont tous affiché leur satisfaction. Nicolas Hulot a donné un "18 sur 20, pour se laisser une marge de manoeuvre". "Franchement, on est entré dans l'ère de l'écologie, on est passé à l'action", s'est-il félicité. Tout en disant rester vigilantes, les ONG ont globalement salué les ambitions affichées, qui correspondaient pour la plupart à leurs attentes. France Nature Environnement "prend au mot le président et poussera pour que cette volonté politique ne s'essouffle pas". L'Alliance pour la planète prend acte d'un "changement de culture" mais affirme que M. Sarkozy "n'a pas dépassé les contradictions françaises" sur le nucléaire et les déchets.

Pour la CFDT, François Chérèque a salué des "objectifs ambitieux". Jean-Christophe Le Duigou, de la CGT s'est aussi dit satisfait : "Il faut maintenant trouver les financements pour toutes ces opérations", a-t-il prévenu. Laurence Parisot, présidente du Medef, salue "de bons équilibres entre la nécessité d'intégrer les intérêts écologiques, tout en respectant les intérêts économiques". Revue des principales mesures.

BÂTIMENT

Généralisation des normes de basse consommation énergétique dans le logement neuf et les bâtiments publics (50 Kwh/m2/an à partir de 2010) ; rénovation thermique des logements et bâtiments existants, l'Etat s'engageant à effectuer cette rénovation dans les cinq ans ; mise en place de mécanismes incitatifs (crédits d'impôt et prêts).

TRANSPORTS

Arrêt de l'augmentation des capacités routières et aéroportuaires, sauf "cas de sécurité ou d'intérêt local" ; construction de 2 000 km de lignes ferroviaires à grande vitesse d'ici à 2020 ; création d'autoroutes ferroviaires (nord - sud-est et nord - sud-ouest) et maritimes (atlantique et méditerranéenne).

Réduction de moitié de la consommation de carburant et des émissions de C02 du transport aérien d'ici à 2020 ; création d'une éco-pastille favorisant les véhicules neufs les moins polluants et finançant une "prime à la casse" ; instauration d'une écotaxe kilométrique pour les poids lourds sur le réseau routier, hors autoroutes ; possibilité d'expérimentation des péages urbains pour les collectivités locales ; rétablissement de la contribution de l'Etat au financement des transports en commun en site propre.

ENERGIE

Etude de la création d'une contribution climat-énergie (ou taxe carbone) basée sur la consommation en énergie des biens et services ; interdiction des lampes à incandescence en 2010 ; développement des énergies renouvelables afin de dépasser 20 % de la consommation d'énergie d'ici à 2020.

SANTÉ

Interdiction à la vente, dès 2008, des produits phytosanitaires ou matériaux de construction et de décoration contenant des substances "extrêmement préoccupantes" ; déclaration obligatoire de la présence de nanomatériaux dans les produits grand public ; plan sur la qualité de l'air avec fixation d'un seuil de 15 µg/m3 de particules fines, obligatoire en 2015.

AGRICULTURE

Triplement de la part de l'agriculture biologique, pour atteindre 6 % de la surface agricole utile en 2010, et introduction d'au minimum un repas bio par semaine dans les cantines ; réduction de moitié de l'usage des pesticides, "si possible d'ici dix ans", en accélérant la diffusion des techniques alternatives, sous réserve de leur mise au point ; gel des cultures d'OGM jusqu'aux conclusions d'une expertise menée par une autorité indépendante ; adoption future d'une loi sur la coexistence entre les cultures.

BIODIVERSITÉ

Création d'une trame verte reliant les espaces naturels qui pourra devenir opposable aux nouveaux projets d'aménagement ; une mission d'expertise a été nommée pour décider de l'avenir du projet de mine d'or près des marais de Kaw en Guyane.

Gaëlle Dupont et Gilles van Kote


Calendrier

Les suites du Grenelle vont s'étaler sur une année.

Mi-décembre : présentation de quinze à vingt programmes opérationnels reprenant les conclusions du processus de consultation ; mise en place de comités de suivi et d'évaluation ou comités de pilotage sur différentes thématiques.

Janvier 2008 : présentation d'un projet de loi sur les OGM ; fin du délai supplémentaire de consultation sur la question des déchets.

Mars-avril, juillet et octobre 2008 : points d'étapes par les comités de suivi et d'évaluation.

15 juin 2008 : remise des conclusions du groupe de travail sur l'urbanisme.

1er semestre 2008 : présentation d'une loi d'orientation sur l'environnement.



Lutter contre le "dumping environnemental"

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, est prévenu. Nicolas Sarkozy compte sur Bruxelles pour l'aider à mettre en oeuvre sa politique écologique, et profitera de la présidence française de l'UE, au cours du deuxième semestre 2008, pour soumettre aux autres pays plusieurs idées. Parmi celles-ci figurent l'introduction d'une TVA à taux réduit pour les produits propres et l'instauration d'une taxe aux frontières pour les produits importés de pays ne faisant aucun effort pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. La question d'une contribution énergie-climat, dont le président a retenu le principe, sera également posée.

En contrepartie, le chef de l'Etat a promis à M. Barroso de soutenir ses propositions les plus ambitieuses. Il est loin d'être sûr que cela suffise à convertir le chef de l'exécutif bruxellois à la lutte contre le "dumping environnemental" que la France veut engager.

Article paru dans l'édition du 27.10.07

   

Les principales mesures décidées par le Grenelle

NOUVELOBS.COM | 29.10.2007 | 18:58

Agriculture, bâtiment, fiscalité... les principales propositions retenues par les participants du Grenelle, après arbitrage de Nicolas Sarkozy.

Voici les principales propositions retenues par les participants lors des deux jours de tables rondes du Grenelle de l'environnement, après arbitrage du président de la République jeudi 25 octobre.

Agriculture
- Objectif de réduction de moitié dans les dix ans "si possible" (Sarkozy) de l'usage des pesticides "en accélérant la diffusion des méthodes alternatives et sous réserve de leur mise au point".
- Suspension des cultures commerciales d'OGM "en attendant les conclusions d'une expertise à conduire par une instance créée avant la fin de l'année" (Sarkozy).
- Une loi sur les OGM proposée au parlement en janvier, actera la création d'une Haute autorité indépendante, les principes de responsabilité, de transparence (carte des surfaces concernées) et de précaution. Elle tranchera la question des essais en plein champ pour la recherche.
- Bio : augmentation à 6% en 2012 et 20% en 2020 (contre 2% actuellement) la part des surfaces agricoles consacrées aux cultures biologiques, soutenues par l'assurance de recevoir 20% des commandes de la restauration collective publique. Nicolas Sarkozy promet un repas bio par semaine dans les cantines.

Biodiversité
- création d'une "trame verte" reliant les espaces naturels pour favoriser la circulation des plantes et animaux.

Transports
- Eco-pastille avec une ristourne à l'achat pour les voitures neuves les plus sobres, financée par un malus annuel sur les voitures les plus polluantes. Son produit financera une "prime à la casse" pour renouveler le parc (Sarkozy).
- Eco-taxe kilométrique sur les poids-lourds, hors autoroutes, avec une mise en place effective en 2010
- Gel des nouvelles routes et autoroutes sauf "cas de sécurité ou d'intérêt local". La création d'aéroports "doit correspondre à un déplacement de trafic pour raisons environnementales".
- Développement du fret ferroviaire avec lancement de deux nouvelles lignes nord/sud-est et nord/sud-ouest.
- Doubler les lignes TGV avec un engagement de 2.000 km de lignes nouvelles avant 2020.
- Aérien : réduction de 50% de la consommation de carburant et des émissions de CO2 par des programmes de recherche d'ici 2020. Réduction du bruit de 50% (moins de 10dB par mouvement).
- Autoroutes maritimes atlantique (France-Espagne) et méditerranéenne (France-Italie, France-Espagne).
- Péages urbains : la décision reviendra aux collectivités locales (Sarkozy)

Bâtiment
- Neuf : programme de "rupture technologique" pour tous les bâtiments publics qui devront être construits dès 2010 en basse consommation (50 kwh/m2/an). Pour le privé à partir de 2012.
- Ancien : rénovation thermique de tous les bâtiments publics associée à des travaux d'accès aux handicapés d'ici 2015. Bilan énergétique obligatoire dès 2008, l'Etat s'engageant à effectuer la rénovation de ses bâtiments dans les 5 ans.
Dans le privé, mise en place de "mécanismes incitatifs puissants" (crédits d'impôt et prêts)

Fiscalité (annoncé par Nicolas Sarkozy)
- "Je m'engage à ce que la révision générale des prélèvements obligatoires se penche sur la création d'une taxe 'climat-énergie' (ou taxe carbone), en contrepartie d'un allègement de la taxation du travail
- TVA à taux réduit sur tous les produits écologiques qui respectent le climat et la biodiversité

Energie
- Développement des énergies renouvelables pour atteindre 20 millions de tonnes équivalent pétrole d'ici 2020
- Bilan carbone pour toute entreprise de plus de 50 personnes
- Interdiction des lampes à incandescence en 2010
- Extension de "l'étiquette énergie" à tous les appareils électriques de grande consommation

Santé
- Interdiction de 50 substances jugées particulièrement toxiques - les CMR 1 et CMR 2, cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques - dont 30 dès 2008.
- Air extérieur : lancement d'un plan particules "dans les prochains mois" avec fixation d'un seul maximal de 15 microgrammes/m3 (particules fines PM2,5) visé en 2010 et rendu obligatoire en 2015(-30% par rapport à aujourd'hui).

Déchets
- Pour tout nouveau projet d'incinérateur, prouver qu'il s'agit de "l'ultime recours". "Pas de nouvel incinérateur sans que la destruction des déchets ne serve à produire de l'énergie." (Sarkozy).
Le Grenelle poursuit sa réflexion pendant douze semaines sur le traitement des déchets et la place de l'incinération.

Démocratie écologique
- Une expertise sur le bilan écologique et énergétique des agrocarburants de première génération, confiée à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), devra permettre de déterminer la part de ces agrocarburants dans le portefeuille énergétique français.

 

Entretien avec le porte-parole du réseau Sortir du nucléaire

Stéphane Lhomme : "Le Grenelle de l'environnement est une défaite majeure pour l'écologie"

LEMONDE.FR | 31.10.07 | 16h51  •  Mis à jour le 07.11.07 | 14h18

En conclusion du Grenelle de l'environnement, le président Nicolas Sarkozy a souligné que pour lutter contre le réchauffement climatique, la France doit opter pour l'énergie nucléaire, sinon elle devra ''renoncer à la croissance''. Réfutez-vous cette alternative ?
Si le nucléaire permettait vraiment de limiter les émissions de gaz à effet de serre et de suppléer au pétrole, il serait peut-être légitime de discuter de cette option. Mais selon l'Agence mondiale de l'énergie (AIE), le nucléaire ne couvre que 6 % de la demande mondiale d'énergie, une part si faible que son impact sur le climat est quasi nul. De plus, contrairement à ce qui nous est souvent dit, cette part va encore se réduire dans les années à venir : l'AIE reconnaît que la part du nucléaire dans l'électricité mondiale va passer de 17 % à 12 % en 2030, c'est-à-dire environ 5 % de l'énergie primaire mondiale, soit moins de 2 % de la consommation mondiale d'énergie. Tant qu'on croit que le nucléaire va empêcher, même partiellement, le réchauffement climatique, ce dernier aura de beaux jours devant lui.

Les ONG écologistes qui ont participé au Grenelle de l'environnement ont très vite accepté que l'avenir du nucléaire civil français reste en dehors du débat. Comment jugez-vous cette acceptation ?
Ces associations ont certainement estimé qu'elles pourraient se rattraper sur d'autres thèmes (biodiversité, transports, etc). Ce qu'elles n'ont pas compris, c'est qu'en se pliant au "préalable pronucléaire", imposé par M. Sarkozy, y compris son incroyable accord nucléaire avec le dictateur libyen Kadhafi, elles sont allées à la négociation déjà vaincues, soumises. Logiquement, elles ont été balayées sur l'ensemble des dossiers. En effet, contrairement à tout ce qui nous a été affirmé par la puissante communication élyséenne, le Grenelle est une défaite majeure pour l'écologie :
- réduction des pesticides... "si possible" 
- moratoire autoroutier sauf contournements d'agglomérations ou "points noirs", autant dire que la plupart des projets actuels seront validés 
- OGM  :  un gel... pendant l'hiver 
- moratoire sur les incinérateurs  :  sauf en "dernier recours"... ce qui ne manquera pas de se produire 

Le sommet a été atteint avec le nucléaire  :  M. Sarkozy a abusé l'opinion en annonçant qu'il n'y aurait pas de "nouveaux sites". Or, les projets de nouveaux réacteurs sont tous prévus dans des sites déjà existants ! Dans un pays où il y a 58 réacteurs en service (plus une douzaine déjà arrêtés, qui restent à démanteler), des projets à foison (EPR, ITER, etc.), des sites nucléaires gigantesques (La Hague, Tricastin, Cadarache, Marcoule, Bure, etc.), l'attitude des associations "compatibles Grenelle", qui ont baissé pavillon sur ce sujet, est tout simplement indigne.

L'écologie politique s'était jusqu'ici plus concentrée sur la lutte contre le nucléaire, la sortie du pétrole venant bien après. C'est en train de changer, semble-t-il...
C'est en train de changer dans le discours du pouvoir et celui des éditorialistes. Ce sont eux qui ont "décrété" que, subitement, le nucléaire n'était plus un problème, et même que c'était une "solution", et ce discours s'est imposé en continu. A force de répéter des choses parfaitement fausses, elle ont fini par devenir "vraies". En réalité, jamais la facture énergétique de la France n'a été aussi élevée. Et encore, il faut y ajouter la facture nucléaire (démantèlement, déchets) qui s'annonce astronomique. Entre 2003 et 2005, c'est l'Allemagne qui est exportatrice nette d'électricité vers la France, elle ne sort donc pas du nucléaire "en important l'électricité nucléaire française". Tout est à l'avenant : le nucléaire ne subsiste que grâce à des mensonges d'Etat entretenus par la publicité ou les discours du personnel politique.

Du Maroc à l'Iran en passant par l'Egypte, beaucoup de pays en développement souhaitent faire appel au nucléaire. Ont-ils un autre choix, compte tenu du coût de développement des énergies renouvelables ?
Il faut bien comprendre que, même si ces pays développent – hélas – des programmes nucléaires, cela ne couvrira qu'une part infime de leur consommation énergétique. Même la Chine, qui annonce 40 nouveaux réacteurs, espère seulement couvrir ainsi 4 % de son électricité, soit 0,7 % de sa consommation d'énergie. Dans ces dossiers, le nucléaire n'est en rien un outil d'indépendance énergétique : ce qui est en jeu, c'est soit une forme de "fierté" mal placée (du genre "Nous aussi, nous avons du nucléaire"), soit des considérations géopolitiques (ce sont les Etats-Unis qui poussent l'Egypte à relancer son programme nucléaire, pour contrecarrer la montée en puissance d'autres pays). Mais, dans tous les cas, il faut bien noter que ce ne sont jamais les peuples mais les dirigeants – souvent des autocrates – qui veulent du nucléaire.

Les antinucléaires sont souvent accusés de faire le jeu des pétroliers. Que répondez-vous ?
Il se trouve que nous dénonçons autant les uns que les autres car, contrairement à une idée reçue, ils ne sont pas concurrents mais ont des intérêts identiques : faire en sorte que nous consommions toujours plus d'énergie, litres de pétrole ou kilowattheures d'électricité. Leur seule crainte est la mise en place d'une société sobre qui développerait les économies d'énergie et les énergies renouvelables... et sabrerait leurs profits. D'ailleurs, en France, Total et Areva sont actionnaires croisés. Aux Etats-Unis, le plan énergétique de Bush impose de nouveaux forages pétroliers et de nouveaux réacteurs nucléaires. Autre exemple, c'est l'industrie nucléaire qui offre l'énergie nécessaire à l'extraction du pétrole des sables bitumineux de l'Alberta (Canada).

Propos recueillis par Matthieu Auzanneau

   

Le Grenelle n'est qu'un début : nous ne lâcherons pas !

Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France

Paris, France — Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France et porte-parole de l'Alliance pour la planète, a participé aux négociations du Grenelle de l'environnement et dresse un premier bilan.      

Vendredi 26 octobre au soir s'est achevée la première phase du Grenelle de l'environnement. Après quatre mois de travail intense pour nos équipes d'experts et de négociateurs, des actions fortes pour faire monter la pression et trois jours de négociations, nous avons créé un rapport de force pour faire bouger les lignes. L'urgence écologique et la pertinence de nos analyses et des campagnes que nous menons depuis des années sont enfin reconnues.

Lors de ces négociations, Greenpeace a défendu des positions claires et fermes. Notre expertise et notre indépendance ont positionnés Greenpeace comme un acteur incontournable de ces négociations. Quelques exemples des avancées les plus significatives que nous avons obtenu :

  • OGM : la France s'engage vers le moratoire que Greenpeace réclamait. Le risque des OGM et l'impossibilité de contrôler leur dissémination ont été reconnus, et l'impact sanitaire et environnemental des OGM va désormais être mieux évalué ;
  • Efficacité énergétique : le programme « rénovation thermique des bâtiment » proposé par l'Alliance a été entièrement accepté, et un plan national de rénovation de 400 000 logements par an va être mis en œuvre ;
  • Énergie : les ampoules à incandescence seront interdites à partir de 2010, et d'ici à 2020, les renouvelables représenteront au moins 20 % du mix énergétique.

Si ce qui a été acquis est significatif au regard des attentes formulées par l'Alliance et par Greenpeace, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Certaines mesures de rupture indispensables pour faire face à la crise écologique, et qui concernent des sujets qui pèsent très lourdement sur notre environnement, n'ont pas été retenues :

  • Nucléaire : aucune remise en cause du programme EPR alors que les économies d'énergie envisagées le rendent d'autant plus inutile ;
  • Océans : pas de moratoire sur le thon rouge alors que les stocks en Méditerranée s'effondrent ;
  • Forêts : l'enjeu global que représente la déforestation en zone tropicale (Amazonie et bassin du Congo) a été à peine débattu ;
  • Santé et environnement/Toxique : pas de moratoire sur l'incinération pour développer la valorisation des déchets. Sur ce point, les négociations vont d'ailleurs se poursuivre pour aboutir d'ici la fin de l'année.

Or dans ces domaines, il y a urgence ! Voilà pourquoi nous nous sommes déjà remis au travail. Nous allons d'abord suivre avec une grande vigilance la mise en œuvre des mesures annoncées, pour que les paroles se transforment réellement en actes. Et nous allons également continuer à faire bouger la société, à maintenir la pression pour convaincre que la France doit dépasser certaines contradictions. Pour être vraiment à la hauteur du défi climatique, on ne peut développer les renouvelables et continuer à faire l'EPR. De même, on ne parviendra jamais à réduire et recycler correctement nos déchets tant qu'on construira des usines d'incinération. Rien ne sert enfin de prétendre protéger les forêts ou les ressources halieutiques sans prendre des mesures drastiques.

Si le rapport de force en faveur de l'environnement existe désormais dans la société, c'est grâce à vous qui nous soutenez. Nous avons aujourd'hui besoin de votre soutien pour obtenir des actes, continuer à avancer et à gagner les transformations radicales que nous portons et pour lesquelles le Grenelle n'est qu'une première étape. Nous ne lâcherons pas !

      

01 novembre 2007

Corinne Lepage et le Grenelle

Corinne Lepage : le Grenelle
envoyé par mouvementdemocrate

Y aura-t-il une révolution verte ?

http://corinnelepage.hautetfort.com/archive/2007/10/29/y-aura-t-il-une-revolution-verte.html

Le discours du président Sarkozy concluant les cinq mois travaux de Grenelle de l'environnement constitue incontestablement un changement de cap de la part de la présidence de la république. C'est le moment de faire un premier constat de ce qui est acquis et de ce qui reste à acquérir.

Trois avancées majeures sont intervenues :

  • tout d'abord, un changement considérable dans la manière de travailler. Les groupes de Grenelle qui ont conduit toutes les parties prenantes qui avaient davantage l'habitude de se regarder en chiens de faïence que de travailler ensemble est une innovation dans le fonctionnement d'une société qui était largement bloquée. Les O.N.G. ne sont plus considérés comme des empêcheurs de tourner en rond mais bien comme des précurseurs et des partenaires indispensables pour opérer la révolution nécessaire.

  • Le président de la république, après l'allocution particulièrement convaincante d'Al Gore, a tenu à réaffirmer la responsabilité qui était la nôtre et à tordre le cou au déni de réalité que certains ont voulu propager au cours des dernières semaines. En soulignant l'intérêt du principe de précaution et en faisant sienne la thèse de l'internalisation des coûts externes dans les prix, il a montré un cap radicalement différent de ceux qui avaient été tenus dans le passé.

  • Le discours dans son ensemble constitue un projet mobilisateur pour la France. L'écologie est devenue ce qu'elle aurait dû être de plus de longues années c'est-à-dire un projet fondateur capable de mobiliser les acteurs économiques, de donner un sens à notre développement et de nous permettre d'assumer la responsabilité historique et la nôtre.

Pour autant, le pari n'est pas gagné car les obstacles restent nombreux pour que la France non seulement rattrape son retard au niveau de l'Europe mais encore réponde aux voeux du chef de l'État de devenir un leader dans le domaine des politiques de développement durable et des nouvelles technologies environnementales.

  • Le premier obstacle est incontestablement celui des moyens. Le discours du président de la république reste assez vague sur les financements et en particulier sur la possibilité d'instaurer dans des délais courts une taxe carbone, quel que soit le nom qu'on lui donne. Le principe de flècher les crédits venant de l'environnement aux opérations de reconversion écologique et le plus largement de le développement écologique est excellent mais, il se heurte en l'état au principe de spécialité budgétaire et il conviendra en toute hypothèse de commencer par déterminer lesdits crédits. Au rang des outils, il convient également de citer les instruments juridiques qui devront se mettre en place et bouleverser très largement les procédures actuelles comme les déclarations d'utilité publique, les règles de responsabilité ou encore l'information du public. De même, si le moratoire partiel sur les OGM est une bonne nouvelle, l'essentiel dépend bien sûr de la loi qui sera votée et en particulier de l'étendue de la responsabilité des producteurs d’OGM, des agriculteurs qui les planteront et surtout les détenteurs de brevets. L'obligation d'analyser les risques et en particulier de donner corps à la directive communautaire qui exige des études préalables sur l'impact sanitaire devra également être particulièrement soignée.

  • Ceci conduit à la deuxième difficulté qu'est celle de convaincre les élus à commencer par les parlementaires. La fondation nationale des sciences politiques avait publié voici quelques années une étude consacrée aux parlementaires et l'environnement. L'étude était accablante puisque 3 % des parlementaires seulement considéraient que l'environnement est une priorité et la comparaison des réponses qu'ils apportaient aux questions posées par rapport aux réponses apportées par un panel de citoyens illustrait cette statistique redoutable. Le premier débat parlementaire sur le Grenelle a montré que malheureusement cette culture perdurait. La révolution culturelle devra donc toucher les parlementaires pour que les textes puissent être modifiés. De la même manière, il conviendra qu'au niveau local, les propos du Président de la république soient suivis d'effet. Comment comprendre en effet que , par exemple, le président du conseil général des Yvelines ait annoncé que le jour même de la conférence de presse du président de la république le le renforcement de la politique routière du département, au mépris eux deux de toute considération relative au bilan carbone ou que les les élus de la Côte d'Azur aient utilisé la réunion régionale de Grenelle pour relancer le programme de ligne à très haute tension dans le Verdon que le conseil d'État a annulé voici six mois. Les Français seront convaincus de la volonté politique de l'État lorsqu'ils en verront les résultats sur le terrain.

  • Or, et le président de la république l’ a dit mezza voce, les pressions vont se faire très fortes de la part de tous ceux, conservateurs de tout poil qui ne veulent surtout pas voir changer les choses. Des intérêts économiques extrêmement puissants vont s'efforcer, dans les semaines qui viennent, de réduire l'impact des changements pour pouvoir continuer des activités incompatibles, sans évolution, avec l'urgence écologique. C'est donc dans la transformation des instruments de gouvernance et dans le renforcement d'un contre-pouvoir environnemental réel, capable de dialoguer avec les lobbys en place que l'essentiel va se jouer. Sans modification des rapports de force, la révolution verte ne pourra se mettre en place.

Si ces 3 obstacles sont franchis, la France aura vraiment changé et pourra envisager de parler environnement à l'Europe, voire au reste du monde. Les actes valent plus que les paroles et la valeur de l'exemple plus que tout le reste. Mais ne nous y trompons pas. Si nous étions capables d'accomplir cette révolution culturelle, elle ne resterait pas limitée à la question écologique. En effet, ce qui motive cette transformation, c'est la restauration de l'éthique et de la responsabilité comme mode de gouvernement. Dès lors, ce changement majeur ne pourrait se cantonner à la question écologique et devrait obligatoirement irriguer puis transformer toutes les autres politiques publiques. Il s'agit là d'un autre chantier

Corinne Lepage - 29/10/07

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Corinne Lepage tient aussi une chronique tous les lundis matin sur France Culture à 7h25

 

   

Stéphane Lhomme _ Le Grenelle de l'environnement est une défaite majeure pour l'écologie

Entretien avec le porte-parole du réseau Sortir du nucléaire
Stéphane Lhomme : "Le Grenelle de l'environnement est une défaite majeure pour l'écologie"
LEMONDE.FR | 31.10.07 | 16h51  •  Mis à jour le 31.10.07 | 17h51

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-973236@51-961158,0.html

En conclusion du Grenelle de l'environnement, le président Nicolas Sarkozy a souligné que pour lutter contre le réchauffement climatique, la France doit opter pour l'énergie nucléaire, sinon elle devra ''renoncer à la croissance''. Réfutez-vous cette alternative ?

Si le nucléaire permettait vraiment de limiter les émissions de gaz à effet de serre et de suppléer au pétrole, il serait peut-être légitime de discuter de cette option. Mais selon l'Agence mondiale de l'énergie (AIE), le nucléaire ne couvre que 6 % de la demande mondiale d'énergie, une part si faible que son impact sur le climat est quasi nul. De plus, contrairement à ce qui nous est souvent dit, cette part va encore se réduire dans les années à venir : l'AIE reconnaît que la part du nucléaire dans l'électricité mondiale va passer de 17 % à 12 % en 2030, c'est-à-dire environ 5 % de la consommation mondiale d'énergie. Tant qu'on croit que le nucléaire va empêcher, même partiellement, le réchauffement climatique, ce dernier aura de beaux jours devant lui.

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AFP/MYCHELE DANIAU
Un panneau géant "Stop EPR" accroché aux grilles
de la préfecture de Saint-Lô (Manche), en 2006.

Les ONG écologistes qui ont participé au Grenelle de l'environnement ont très vite accepté que l'avenir du nucléaire civil français reste en dehors du débat. Comment jugez-vous cette acceptation ?

Ces associations ont certainement estimé qu'elles pourraient se rattraper sur d'autres thèmes (biodiversité, transports, etc). Ce qu'elles n'ont pas compris, c'est qu'en se pliant au "préalable pronucléaire", imposé par M. Sarkozy, y compris son incroyable accord nucléaire avec le dictateur libyen Kadhafi, elles sont allées à la négociation déjà vaincues, soumises. Logiquement, elles ont été balayées sur l'ensemble des dossiers. En effet, contrairement à tout ce qui nous a été affirmé par la puissante communication élyséenne, le Grenelle est une défaite majeure pour l'écologie :
- réduction des pesticides... "si possible"
- moratoire autoroutier sauf contournements d'agglomérations ou "points noirs", autant dire que la plupart des projets actuels seront validés
- OGM : un gel... pendant l'hiver
- moratoire sur les incinérateurs : sauf en "dernier recours"... ce qui ne manquera pas de se produire

Le sommet a été atteint avec le nucléaire : M. Sarkozy a abusé l'opinion en annonçant qu'il n'y aurait pas de "nouveaux sites". Or, les projets de nouveaux réacteurs sont tous prévus dans des sites déjà existants ! Dans un pays où il y a 58 réacteurs en service (plus une douzaine déjà arrêtés, qui restent à démanteler), des projets à foison (EPR, ITER, etc.), des sites nucléaires gigantesques (La Hague, Tricastin, Cadarache, Marcoule, Bure, etc.), l'attitude des associations "compatibles Grenelle", qui ont baissé pavillon sur ce sujet, est tout simplement indigne.

L'écologie politique s'était jusqu'ici plus concentrée sur la lutte contre le nucléaire, la sortie du pétrole venant bien après. C'est en train de changer, semble-t-il...

C'est en train de changer dans le discours du pouvoir et celui des éditorialistes. Ce sont eux qui ont "décrété" que, subitement, le nucléaire n'était plus un problème, et même que c'était une "solution", et ce discours s'est imposé en continu. A force de répéter des choses parfaitement fausses, elle ont fini par devenir "vraies". En réalité, jamais la facture énergétique de la France n'a été aussi élevée. Et encore, il faut y ajouter la facture nucléaire (démantèlement, déchets) qui s'annonce astronomique. Entre 2003 et 2005, c'est l'Allemagne qui est exportatrice nette d'électricité vers la France, elle ne sort donc pas du nucléaire "en important l'électricité nucléaire française". Tout est à l'avenant : le nucléaire ne subsiste que grâce à des mensonges d'Etat entretenus par la publicité ou les discours du personnel politique.

Du Maroc à l'Iran en passant par l'Egypte, beaucoup de pays en développement souhaitent faire appel au nucléaire. Ont-ils un autre choix, compte tenu du coût de développement des énergies renouvelables ?

Il faut bien comprendre que, même si ces pays développent – hélas – des programmes nucléaires, cela ne couvrira qu'une part infime de leur consommation énergétique. Même la Chine, qui annonce 40 nouveaux réacteurs, espère seulement couvrir ainsi 4 % de son électricité, soit 0,7 % de sa consommation d'énergie. Dans ces dossiers, le nucléaire n'est en rien un outil d'indépendance énergétique : ce qui est en jeu, c'est soit une forme de "fierté" mal placée (du genre "Nous aussi, nous avons du nucléaire"), soit des considérations géopolitiques (ce sont les Etats-Unis qui poussent l'Egypte à relancer son programme nucléaire, pour contrecarrer la montée en puissance d'autres pays). Mais, dans tous les cas, il faut bien noter que ce ne sont jamais les peuples mais les dirigeants – souvent des autocrates – qui veulent du nucléaire.

Les antinucléaires sont souvent accusés de faire le jeu des pétroliers. Que répondez-vous ?

Il se trouve que nous dénonçons autant les uns que les autres car, contrairement à une idée reçue, ils ne sont pas concurrents mais ont des intérêts identiques : faire en sorte que nous consommions toujours plus d'énergie, litres de pétrole ou kilowattheures d'électricité. Leur seule crainte est la mise en place d'une société sobre qui développerait les économies d'énergie et les énergies renouvelables... et sabrerait leurs profits. D'ailleurs, en France, Total et Areva sont actionnaires croisés. Aux Etats-Unis, le plan énergétique de Bush impose de nouveaux forages pétroliers et de nouveaux réacteurs nucléaires. Autre exemple, c'est l'industrie nucléaire qui offre l'énergie nécessaire à l'extraction du pétrole des sables bitumineux de l'Alberta (Canada).

Propos recueillis par Matthieu Auzanneau

28 octobre 2007

Paris 27 octobre 2007 _ Manifestation anti-nucléaire après Grenelle

Photos de la manifestation organisée par le Réseau "sortir du nucléaire" à Paris le 27 octobre 2007 suite au grenelle de l'environnemant pendant lequel la question du nucléaire et de la gestion de ses déchets n'a pas été évoquée.

***

Grand rassemblement et meeting "Post Grenelle" :

contre la politique pronucléaire de M Sarkozy et son accord avec le dictateur libyen Kadhafi

Le Réseau "Sortir du nucléaire" l'avait prédit dès l'été dernier : le Grenelle de l'environnement se révèle être une opération de préservation... des intérêts de l'industrie nucléaire. On peut donc véritablement parler d'un "Grenelle radioactif".

M Sarkozy a obtenu ce qu'il cherchait : "déminer" la question écologique sans que jamais ne soit remis en cause le nucléaire, qui est pourtant une des pires calamités environnementales.  Le Réseau "Sortir du nucléaire" attire l'attention de l'opinion publique sur la contradiction totale entre les annonces du "Grenelle" (économiser l'énergie, isoler les bâtiments, etc) et la construction de nouvelles installations nucléaires. D'ailleurs, divers sondages montrent que moins de 20% des français demande de nouveaux investissements dans le nucléaire (cf sondage LH2 février 2007)

Aussi, le Réseau "Sortir du nucléaire" demande l'arrêt immédiat des quatre chantiers nucléaires majeurs en France :

- le chantier du réacteur EPR (fission nucléaire) prévu à Flamanville (Manche)
- le chantier du réacteur ITER (fusion nucléaire) prévu à Cadarache (Bouches-du-Rhône)
- le chantier Bure (enfouissement des déchets radioactifs) dans la Meuse
- le chantier de l'usine Georges Besse 2 (GB2, enrichissement de l'uranium) dans la Drôme

De même, le Réseau "Sortir du nucléaire" demande l'arrêt des projets de vente de réacteurs nucléaires à des dictatures (Chine, Libye, Maroc).

Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle que, même poussé à son maximum, le nucléaire ne couvre finalement que 17% de la consommation française d'énergie, contre 75% au trio pétrole-gaz-charbon : la France cumule donc les nuisances du nucléaire et celles des énergies fossiles.

Plus généralement, le nucléaire ne couvre que 2,5% de la consommation mondiale d'énergie, une part infime et en déclin (*), et donc parfaitement incapable d'influer positivement sur le climat contrairement à ce que prétendent les tenants de l'atome. Il se trouve que les mesures à prendre pour sortir du nucléaire (économies d'énergie, efficacité énergétique, énergies renouvelables) sont aussi celles qui permettent de lutter vraiment contre le réchauffement climatique. Il est donc grand temps de sortir du nucléaire.

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Grüny, le lapin super écolo

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Die in sous le métro Cambronne, passez le mot !

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STOP ITER
Un projet de réacteur à fusion nucléaire
coûteux, dangereux et inutile
Grande manifestation
le samedi 10 novembre à Marseille

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Fessenheim, plus vieille centrale nucléaire française, futur Tchernobyl ?

Pour celles et ceux qui sont convaincus que le nucléaire ne mène qu’à l’impasse, la centrale de Fessenheim accumule depuis trop longtemps tout ce que l’on peut reprocher au nucléaire. Arrêter cette centrale, ce n’est pas une lubie des “nucléophobes” (comme se plaisait à les appeler Mme Bachelot, ex-ministre de l’Environnement), c’est une simple question de logique ...

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Nucléaire : comment en sortir ?
Etude sur des sorties du nucléaire en 5 ou 10 ans

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Malgré le développement massif du nucléaire en France ces 30 dernières années, aucune solution n’a été apportée au risque d’accident grave de réacteur, à la production de déchets radioactifs, ainsi qu’à la prolifération de la bombe atomique. Il est donc plus que jamais temps de sortir du nucléaire.

Cette étude du Réseau « Sortir du nucléaire » présente en détail la sortie du nucléaire en 5 ou en 10 ans de la France. Elle est le fruit d'une coopération nourrie entre des experts indépendants de l’énergie et les militants du Réseau "Sortir du nucléaire".

Basée sur les économies d’énergie et un recours important aux énergies renouvelables, sa mise en œuvre entraînerait la création de plusieurs centaines de milliers d’emplois et serait véritablement porteuse d'indépendance énergétique. Il est possible de sortir du nucléaire à court terme, à la condition de le vouloir.

    * Téléchargez le pdf de l'étude complète (8Mo)

 

José Bové

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José Bové (Faucheurs d'OGM), invité à intervenir sur l'agriculture

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José Bové rappelle que parfois, seule la désobéissance civile permet de faire entendre la voix des citoyens ...

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Pas de fumée sans feu,
pas d'armes nucléaires sans nucléaire civil !

Non au Missile 51 !

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Les armes nucléaires sont des armes de destruction massive uniquement dirigées contre les populations civiles. Utilisées deux fois dans l’Histoire de l’Humanité, leur prolifération accroît le danger d’un nouvel usage, volontaire ou accidentel. Pour faire face au danger de la prolifération, la communauté internationale a estimé dès 1970 qu’il n’y avait qu’une seule issue possible: leur élimination.

Sans débat public, la France a lancé un programme ambitieux d’adaptation et de recherche pour les armes nucléaires du futur: le laser Mégajoule, un quatrième sous-marin, de nouveaux avions (Rafale), de nouvelles têtes nucléaires (TNO-Tête nucléaire océanique), et enfin de nouveaux missiles, les M51.

Où les inpecteurs de l'ONU vont-ils chercher les armes de destruction massive ?

Trois pays violent aujourd'hui le traité de non-prolifération des armes nucléaires : la France, l'Angleterre et les Etats-Unis.

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Stéphen Kerkhove (Agir pour l'environnement), invité à intervenir sur les transports

 

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Bernard Nicolle de SDN 35 rapelle la campagne pour l'indépendance de l'OMS   

L'OMS accusée de non-assistance à populations en danger

 

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 Stéphane Lhomme (au centre) et José Oria (à droite sur la photo)

   

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Stéphane Lhomme

   

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un étudiant explique qu'Areva s'implante dans les universités françaises

 

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Stop aux déchets à Bure, pas d'un Halloween quotidien pour 300 ans !!!

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petit souvenir laissé à la BNP avant de quitter Paris

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15 octobre 2007

matinale grenelle de l'environnement_France inter

le 15 octobre France Inter propose une matinale spécialelogo_franceinter

L'émission est (ré)écoutable sur le site du 7/10 de Nicolas Demorand

Lundi 15 octobre, alors que le Prix Nobel de la Paix vient d’être décerné à Al Gore et au GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) et à 10 jours des conclusions définitives du Grenelle de l’Environnement, France Inter propose une matinale spéciale, animée par Nicolas Demorand avec la collaboration de Nathalie Fontrel, spécialiste environnement de la rédaction :

7h15 - Nucléaire / Energie / Climat avec :
Yannick Jadot, porte parole de l’Alliance pour la Planète
Jean-Marc Jancovici, ingénieur spécialiste dans ces questions.

7h45 - OGM et pesticides avec :
Arnaud Apotekaire de Greenpeace
Philippe Gracien, Directeur général du GNIS (Groupement Interprofessionnel des semences)

8h20 - L'invité d'Inter
Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables.

8h40 - Inter'activ
Le ministre, Jean-Louis Borloo, répondra en direct aux questions de Nicolas Demorand et aux questions des auditeurs au 01 45 24 70000 ou franceinter.com

14 octobre 2007

Corinne Lepage _ Pourquoi le Grenelle commence à faire peur ?


Menaces sur le Grenelle ?
envoyé par iPolTV

Durée : 02:20
Pris le : 05 octobre 2007

Sur ipol, Corinne Lepage se demande pourquoi le Grenelle de l'environnement commence à faire peur et à déranger sérieusement certains lobbies. Elle en appelle à la vigilance citoyenne, pour que la France ne rate pas une belle occasion de faire de sérieux progrès en matière d'environnement.

12 octobre 2007

Grenelle dernier jour pour répondre sur le forum

il ne reste qu'aujourd'hui pour répondre sur le forum
http://www.legrenelle-environnement.fr/grenelle-environnement/spip.php?rubrique4



voici un résumé des mesures proposées par

l'Alliance pour la planète

télecharger le .pdf


Grenelle de l’environnement
Les mesures de l’Alliance pour la planète

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Mesures phares Énergie/Climat

 La fin du [tout] nucléaire

Mesure 1

Abandon de l’EPR

Ce projet de construction d’un réacteur de 3e génération est non seulement inutile, la France n’ayant aucun besoin de production électrique avant plusieurs décennies, mais aussi contre-productif. Comment peut on envisager de se mettre sur une trajectoire de réduction de 30% de nos consommations en produisant toujours plus ? La surcapacité nucléaire a historiquement poussé la France à la surconsommation, il est temps d’arrêter cette gabégie ! De plus ce réacteur ne résout aucun des problèmes liés au nucléaire : risque, déchets… L’abandon de l’EPR passe simplement par l’abrogation du décret du 10 avril 2007.


Mesure 2

Une autre gestion des déchets

La politique française de gestion des déchets nucléaires doit être revue en profondeur au travers d’une nouvelle loi abrogeant celle de juillet 2006 et comprenant :

• L’abandon de l’option de l’enfouissement des déchets Face aux risques que revêt l’enfouissement, les travaux de prospection à Bure doivent être abandonnés. Une discus- sion doit ensuite être engagée pour évaluer les différentes options de réorientation des recherches du laboratoire de Bure dans la Meuse.

• L’arrêt du retraitement des combustibles usés, option ne permettant pas de diminuer significativement le volume des déchets nucléaires et leur toxicité. Le retraitement est source de rejets réguliers massifs dans l’environnement (rejets de l’usine de la Hague…) et c’est un facteur de prolifération inacceptable car il conduit entre autres, à la séparation du plutonium, matière première pour la fabrication des bombes nucléaires.

Mesure 3 :

Moratoire sur la prolongation de vie des réacteurs Aucune prolongation de vie d’un réacteur nucléaire ne doit être décidée sans une analyse approfondie suivie à minima d’un débat public régional et d’une enquête publique. En aucun cas, la prolongation accordée ne doit dépasser 5 ans.

Mesure 4 :

Pour une véritable transparence du nucléaire Loin d’avoir répondu aux légitimes attentes de transparence, la loi adoptée en juillet 2006 n’a fait que renforcer encore l’exception nucléaire dans le droit français et réduit les prérogatives du pouvoir politique. Elle devra être abrogée et remplacée par des dispositifs garantissant le pluralisme, l’accès à l’information, le pouvoir d’intervention du Parlement sur les décisions, etc.

Efficacité énergétique des bâtiments

Mesure 1 :

Pour les constructions neuves, il faudra fixer des seuils de performance de plus en plus faible pour atteindre 50 kWh/m2 de consommation annuelle pour le chauffage et l’eau chaude.

Mesure 2 :

Pour l’habitat existant, il faut mettre en place une nouvelle réglementation qui impose, à l’occasion de chaque transaction immobilière (vente ou location), une rénovation thermique avec un objectif de 80 kwh/m2/an. Une feuille de route d’application progressive de cette réglementation entre 2007 et 2050 devra accompagner cette mesure, avec des dispositions particulières pour les copropriétaires.Pour les bâtiments du secteur tertiaire et public, mettre en place un plan de rénovation thermique sur 20 ans.

Mesure 3 :

Actions d’accompagnement

• Informer les citoyens et les acteurs de cette rupture énergétique

Information et sensibilisation, renforcement du réseau des Espaces-Info-Énergie, avec un objectif pour 2013 d’un conseiller pour 30 000 habitants,

• Innover en matière de produits financiers

Mise en place par le secteur bancaire de prêts adaptés à la rénovation thermique. Les retours d’opération montrent que ces prêts solvabilisent les ménages : les charges d’emprunt sont en effet inférieures aux économies réalisées.

Mise en place par la Caisse des dépôts d’outils financiers appropriés, destinés aux collectivités locales et aux offices HLM

Interdiction des appareils qui gaspillent de l’énergie

Mesure 1 :

Interdiction par la France des ampoules à incandescence dès 2010. Ces ampoules sont très inefficaces :elles gaspillent 95 % de l’énergie qu’elles consomment en chaleur, 5 % seulement servant à produire de la lumière.Les économies attendues en France sont d’environ 8TWh soit l’équivalent de la production d’un réacteur nucléaire de 1000 MW. En interdisant les ampoules à incandescence à l’échelle de l’Union européenne, on pourrait :

> fermer 25 centrales électriques ;

> éviter d’émettre 32 millions de tonnes de CO2par an ;

> économiser 3 à 5 milliards d’euros ;

Cette mesure est en cours de mise en place en Australie et les fabricants européens d’ampoules demandent son application.

Mesure 2 :

Elimination des veilles inutiles et limitation des puis- sances des veilles à 1 Watt en 2010 et 0,1 watt en 2013. Les économies attendues sont d’environ 8 TWh

Mesure 3 :

Politique d’achat public en faveur des appareils et des systèmes les plus économes dès 2008 (catégorie A). Le gisement d’économies d’électricité atteignable par l’instauration de seuils minimaux de performance pour tous les appareils est de 75 TWh en France.

Mesure 4 :

Action de la France sur le processus européen, notamment lors de la présidence française en faveur de :

1- Réglementation contraignante pour définir des standards d’efficacité énergétique pour les appareils et systèmes consommateurs d’énergie (application de la directive Éco- Conception)

2- Mise en place de mécanismes de diffusion :

- généralisation de l’étiquette énergie ;

- intégration aux certificats d’économie d’énergie ;

- politique d’achat public / exemplarité de l’État ;

- TVA réduite à 5,5 % pour les appareils les plus efficaces.

3- Mise en place d’un système de certification, de suivi et de contrôle.

Pour une nouvelle fiscalité de l’énergie

Mesure :

L’Alliance pour la planète demande l’institution d’une taxe, baptisée « contribution énergie-climat générali- sée (CEGC) », sur toutes les énergies non-renouvela- bles. Cette contribution sera modulée en fonction des impacts environnementaux de l’utilisation de ces énergies, parmi lesquels la production de gaz à effet de serre est un élément essentiel mais loin d’être unique.Collectée auprès des distributeurs d’énergie finale (électricité, carburants, combustibles), elle se substituera aux actuelles taxes sur les combustibles (sauf la TVA), et sera affectée à la mise en oeuvre de programmes d’efficacité et de développement des énergies renouvelables, à la compensation des baisses de recettes de TIPP consécutives à la baisse des consom- mations, et, enfin, à un fond de compensation de certains impacts économiques et sociaux (ménages précaires, professions sensibles).

Mesures phares Santé environnement

Mesure 1 :

Mettre en place les outils d’une véritable politique de santé environnementale. Actuellement, en France , il n’existe pas de départements publics consacrés à la santé environnementale et cette thématique santé/environnement est donc mal traitée voire pas traitée du tout. L’objectif est donc de se doter des institutions et des outils permettant de faire de la santé environnementale un axe central de la politique de santé.

L’Alliance pour la planète propose, entre autres :

• la création d’un Institut des sciences et de la santé environnementale (INSSE)à l’image du NIEHS, l’institut américain qui fait autorité au niveau mondial. Cet institut devra regrouper les acteurs scientifiques de base de la santé environnementale (épidémiologistes, écotoxicolo- gues…), mais aussi des sciences humaines et sociales.

• Le lancement d’un programme de recherche afin de réaliser une évaluation du lien santé et environne- ment social.

Mesure 2 :

Appliquer le principe de précaution aux nanotechnologies Actuellement, plus de 200 produits de consommation comprenant des nanoparticules sont déjà mis sur le marché, sans information du consommateur, sans étude indépendante sur leur éventuelle toxicité, ou leur impact sur l’environ- nement…C’est pourquoi les nanotechnologies doivent faire l’objet de toutes les précautions et être strictement encadrées. La France, notamment avec son pôle grenoblois, se doit d’être leader au niveau européen dans la mise en place d’une réglementation comprenant toutes les évaluations et les restrictions nécessaires pour protéger les citoyens et l’environnement.

Mesure 3 :

Réduire de 25 % en 5 ans l’utilisation des pesticides, diminuer leur dangerosité et améliorer les pratiques afin de réduire l’impact sur la santé et l’environnement.

Mesure 4 :

Réduire les déchets et instaurer un moratoire sur la construction de nouveaux incinérateurs. 627 millions de tonnes, c’est la quantité annuelle de déchets en France. Les déchets des ménages ne représentent qu’environ 4% du total ce qui correspond en moyenne à 1 kg de déchets par personne et par jour. Idéalem