Du Fond du Lac

Ernestine Nestor, dite Nessy, vouivre du Loc'h Ness, vous fait part de ses coups de coeur, de ses humeurs écologiques, de ses instants de folie et des passages de livres qu'elle a aimé.

26 mars 2008

Il pleure dans mon coeur

pluie


Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !

Paul Verlaine, Romances sans parole
   

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27 novembre 2007

Nostalgie bretonne

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Qui me rendra la lande effritée
Cachée dans la dune,
La fumée des goémons faisant brume,
Et le vent
Le vent ?

Henri Queffélec

Poètes de Bretagne, Anthologie, Charles Le Quintrec

 

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21 mai 2007

Débarqué

      
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qui sait pourquoi l’eau monte recouvrant inexorablement l’estran de nos humeurs ?
débarqués sur les sables, échoués de nos récifs
et ce goût de sang mêlé de sel qui nous noie de brumes
sans que se brise le silence de nos amarres

   

   
    

© Yann Le Rousic

CARGO

17 mai 2007 - La traversée des temps qui passent - Débarqué

    
   
   
   
   
   
   

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14 février 2007

Korydwen et Le Rouge de Kenholl

C'est une histoire dans la tradition des gwerziou de Basse-Bretagne. La "gwerz" est un chant à caractère historique ou légendaire, les deux étant souvent mêlés dans un récit toujours dramatique, fréquemment
teinté de fantastique, de merveilleux et d'ésotérisme. Ce voyage de Korydwen est émaillé de nombreuses références à la mythologie irlandaise ou celtique.

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Voici donc les paroles d'une chanson de Tri Yann :

Korydwen et Le Rouge de Kenholl

Korydwen, Korydwen, pourquoi t'en être allée
au premier jour de mai de ta quinzième année,
fillette païenne, couronnée d'épis de blé;
à la fraîche fontaine, dans le bois aux sorbiers ?

De s'en venir de Vannes trois hommes, trois cavaliers,
au Pardon de Sainte Anne s'en allant chevaucher,
de Sainte Anne près de Nantes, sur un rocher dressée.
Et Korydwen d'entendre les cloches sonner.

Le premier des cavaliers, de pierreries couronné,
cheval blanc comme est blanc le marbre de Carrare en été :
- A Sainte Anne, belle païenne, je vous mènerai.
Venez venez en selle. Mais il n'eut achevé
que sa peau tombe en lanières sur son corps tout desséché,
qu'en chimères de pierre soudain se trouve changé,
et ses bras en poussière et en poudre ses deux pieds.
Et de ses cendres, cendres grises la fontaine est brouillée.

Plongeant l'épée dans l'ève, le second des cavaliers
rendit claire la source et plus fraîche d'emblée.
D'une tortue la tête ornait son casque d'acier,
ses écailles recouvraient sa cuirasse cirée.
- Qui es-tu, dit Korydwen ?
- Batholan le guerrier !
Je suis le fils de Tonkad et de l'océan suis né.
- L'océan ne fait naître que sirène ou bien que sorcier.
Au pardon de Sainte Anne jamais ne te suivrai !

De la fraîche fontaine au troisième des cavaliers,
Korydwen en sa bouche de l'ève claire a versé :
- Tu es jeune et tes yeux, tes yeux sont de jade émaillés;
de quel pays viens-tu sur ta pourpre haquenée?
- D'où je viens sept moulins tournent dans les vents salés
qui font ma barbe rose comme rose du rosier.
On m'appelle Le Rouge à Kenholl où je suis né.
A Sainte Anne au pardon, je m'en viens pour te mener.

De bondir tous les deux dessus la pourpre haquenée.
Sonnaient sonnaient les cloches de vers Nantes au clocher.
De chevaucher trois jours et deux nuits sans s'arrêter,
sans boire et sans manger, de colline en vallées.

Mais Korydwen s'étonne à la troisième soirée :
- Je n'entends plus qu'à peine les cloches sonner.
- Ce n'est rien, ce n’est rien, dit Le Rouge, mais le vent a dû tourner.
Viens, païenne, sur ma couche de paille de blé…

Ils repartent au matin dessus la folle haquenée
Ils traversent des forêts de bois de cerf dressés,
plus vertes que sont les algues et que d'Irlande les prés,
sans boire et sans manger, trois jours, deux nuits sans s'arrêter.
Mais Korydwen s'étonne à la sixième soirée :
- Je n'entend plus les cloches du Pardon sonner !
- Tu te trompes, tu te trompes Korydwen, tu te trompes ma bien-aimée;
c'est le vent qui est tombé. Il est tard, allons nous coucher…

Quand Korydwen s'éveille à la septième rosée,
elle est seule sur la couche de paille de blé :
à la place du Rouge elle découvre à son côté
des serpents et un miroir brisé.
Et Korydwen d'y plonger son regard pour le croiser,
mais le visage qui lui fait face de la faire sursauter :
c'est celui d'une vieille femme d'au moins cent et dix années
dont des serpents dévorent les pauvres seins déchirés.
Et Korydwen de voir son maigre sang couler,
et la terre le boire et sa mort arriver.
Et de son ventre froid soudain s'envole un épervier
qui plonge dans la Loire, en saumon enchanté…

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29 décembre 2006

Le visage dans l'écume

   

plage
   
   

   

Plage venteuse qui souffle mon vent

C'est sur du sable mouillé par mille marées capricieuses

Que je vais à nouveau tremper mes pieds


Chope la crève

Coule le nez !


Au gré des rafales dominantes 

Je chercherais un visage dans l'écume

Et si la bruine est au rendez-vous

Nul doute que ce sera le tien


Quand il y a de la brume

Je vois plus loin

 

 

Mots bleus d'Orbiix

Sculptures et humeurs

   

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25 octobre 2006

L’Univers est harmonie

   

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automne au jardin

   
   

L’Univers est harmonie. On pourrait presque dire qu’il est réglé comme une musique, une partition avec ses rythmes et ses cadences, ses silences, ses soupirs, ses furies. Or je me suis parfois senti et ai parfois senti l’humanité comme une fausse note dans cette mélodie ! Etre écologiste, c’est être une note qui résonne aussi juste que possible dans l’harmonie, en partant du respect absolu de la vie mais aussi de soi.

   

Pierre Rabhi, in « Graines de possibles », de Nicolas Hulot et Pierre Rabhi, 2005

   

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12 septembre 2006

Tous les êtres humains sont égaux

Alexis vit dans la forêt de Brocéliande "heureux, tout simplement". Naturel n'avait pas pu le rencontrer lors de sa visite cet été à l'éco-centre, lieu d'exposition de "solutions alternatives". Partie remise, ce jour viendra ...
Voici une pensée extraite d'un de ses livres.


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pour d'autres mondes possibles ...
   

Tous les êtres humains sont égaux

   

Si j’en mets un seul au-dessus ou au-dessous de moi, j’introduis la hiérarchie, la division, la compétition, l’affrontement, la violence, la guerre. Ils sont égaux en droits et en devoirs.
Le droit de vivre est sacré tout autant que la responsabilité de chacun. La justice va à tous également : Si je ne suis pas juste envers un seul être humain dans mes pensées ou dans mes actes, je fais entrer l’injustice en moi et la souffrance dans le monde. Je m’isole d’un être et je commence à éprouver la solitude et la peur. Cette méfiance m’écarte de l’autre et le déhumanise à mes yeux. Ainsi commence le mépris, la suspicion, le quant à soi, les frontières, les armes.

   

Alexis Robert, Chemin faisant
   
   

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01 août 2006

Mon pays

Mots bleus des enfants du pays
Parfois un livre sort tout seul des rayons d’une librairie, il tombe entre mes mains et l’évidence qu’il m’attendait se fait jour.
Poètes de Bretagne de Charles Le Quintrec est de ces livres-là. Un poète breton qui place Victor Hugo en première place de son anthologie personnelle des poètes de Bretagne m’accroche le cœur instantanément et pour toujours … Découvrez au fil des jours, au hasard des pages ouvertes, quelques poésies accompagnées parfois d’extraits des présentations de Charles Le Quintrec et de quelques-unes de mes pensées. Poésies d’amour pour une une terre si vieille qu’elles parlent à tous les enfants de la Terre.

   

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Pors Scaff - 2006

 

Mon pays
   

Je suis né au mois d’août, au temps de la moisson
Dans un pays de sel, de varech et d’ajonc
Au cœur de la Bretagne, où le bocage est roi
De parents qui n’étaient riches que de leur foi.


J’y appris du printemps tout son foisonnement
En regardant, surpris, le grand avènement
Des bourgeons éclatés, au doux soleil de mai
De la blanche églantine illuminant les haies.


Quand une bruine tiède, en prières de pluie
Apportait aux prairies une fraîcheur de nuit
J’y appris la douceur de la brise d’été
Sur un rêve d’amour nourri d’éternité.


Quand les vents de suroît retroussaient les genêts
J’y appris l’endurance, arpentant les guérets
Les deux pieds dans la glèbe et l’âme sur la mer
Mais ma lande était belle en plein cœur de l’hiver.


Si un jour la tempête agite mon destin
J’irais par les sentiers, dès le petit matin
Jeter l’ancre au village où j’ai connu l’amour
Pour me mettre à la cape, en un dernier retour.

   

Robert Le Tannou
Poètes de Bretagne, Anthologie, Charles Le Quintrec

   

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21 juillet 2006

J’écris pour annoncer - Yann Queffélec

Mots bleus des enfants du pays
Parfois un livre sort tout seul des rayons d’une librairie, il tombe entre mes mains et l’évidence qu’il m’attendait se fait jour.
Poètes de Bretagne de Charles Le Quintrec est de ces livres-là. Un poète breton qui place Victor Hugo en première place de son anthologie personnelle des poètes de Bretagne m’accroche le cœur instantanément et pour toujours … Découvrez au fil des jours, au hasard des pages ouvertes, quelques poésies accompagnées parfois d’extraits des présentations de Charles Le Quintrec et de quelques-unes de mes pensées. Poésies d’amour pour une une terre si vieille qu’elles parlent à tous les enfants de la Terre.

 

 

J’écris pour annoncer
J’écris pour délivrer
J’écris pour célébrer

Guerriers et mécréants
Qui rôdent sous la pierre
Où mon île est tracée

J’écris pour qui m’appelle
Et pour qui m’entendra
Dans la nuit des criées

Pour ceux qui me lisant
Rassembleront ma voix
Dans leurs mains déployées

J’écris pour tous les jours
Où souffre sous ma peau
L’azur noir des pogroms

J’écris tant que la joie
Saura lever tribut
Sur la pitié des hommes

Mon espoir est passion
J’écris pour enfanter

   
   

Yann Queffélec
Poètes de Bretagne, Anthologie, Charles Le Quintrec

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14 juillet 2006

Etendre la main

   

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bras tendu/main ouverte - sculpture Orbiix

   

Etendre sa main jusqu'à empoigner le monde

Caresser doucement les forêts comme on caresse un chat

Faire couler le sable des déserts entre ses doigts

Plonger son visage dans les océans et s'ébrouer en riant

Respirer chaque nuage en une longue inspiration


Puis souffler...

Jouer à les enrouler autour des montagnes


Alors nous tendons nos bras jusqu'à toucher les galaxies

Nous caressons les quarks aussi délicatement que possible

Et c'est la poussière d'étoile qui cristalise nos cheveux

Notre visage est supernovae


Et nous buvons...

Ce vent merveilleux qui souffle entre  les mondes


Nous sommes cette information indicible

Qui palpite en toute chose

Ce rythme immense

Infini



   

"Etendre la main"  Orbiix
Sculptures et humeurs

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