Du Fond du Lac

Ernestine Nestor, dite Nessy, vouivre du Loc'h Ness, vous fait part de ses coups de coeur, de ses humeurs écologiques, de ses instants de folie et des passages de livres qu'elle a aimé.

10 mars 2008

La librairie du coin de la rue

Lou_de_V
"Lou de V. travaille dans une petite librairie au bout de la Bretagne, dans le grand Ouest encore un peu sauvage, et souhaite vous faire partager ses lectures, ses coups de coeur et ses coups de gueule..."


Lou, ma libraire préférée ouvre les portes de son petit monde de bouquins au détour d'un blog qui je le pense saura  enrichir vos envies de lectures.

   

La librairie du coin de la rue, a en vitrine cette semaine,  Les baguettes chinoises de Xinran :

"
Dans la Chine campagnarde, les « baguettes » ce sont ces jeunes filles qui contrairement aux « poutres », leurs frères, ne peuvent pas devenir les piliers d'une maison. Xinran nous conte dans ce très beau livre le récit de trois soeurs, auxquelles leur père n'a même pas voulu donner de nom mais juste un numéro, déçu qu'elles ne soient pas nés hommes." [suite ...]

Au fond de la boutique, on trouve une pile de livres pour tous les âges et tous les goûts, des idées pour les cadeaux  ou pour se faire plaisir.

Merci, ma Loulou de partager ta passion !


28 janvier 2008

Voyage aux Pays du coton d'Erik Orsenna

Erik Orsenna, Voyage aux Pays du coton, Petit précis de mondialisation, Fayard, 2006

J'aurais dû le lire à sa sortie. Heureusement Cécile veille à mon érudition et m'a rappelé l'existence ce bouquin :

« Si tu veux voir confirmer et expliquées avec brio tes idées anti ogm, anti Monsanto, anti lobby, pro écolo et vive Erik Orsenna, je te conseille "Voyage aux pays du coton". C'est un trésor de bouquin. »

Orsenna_voyage_aux_pays_du_cotonCette histoire commence dans la nuit des temps. Un homme qui passe remarque un arbuste dont les branches se terminent par des flocons blancs. On peut imaginer qu'il approche la main. L'espèce humaine vient de faire connaissance avec la douceur du coton. Depuis des années, quelque chose me disait qu'en suivant les chemins du coton, de l'agriculture à l'industrie textile en passant par la biochimie, de Koutiala (Mali) à Datang (Chine) en passant par Lubbock (Texas), Cuiabá (Mato Grosso), Alexandrie, Tachkent et la vallée de la Vologne (France, département des Vosges), je comprendrais mieux ma planète. Les résultats de la longue enquête ont dépassé mes espérances. Pour comprendre les mondialisations, celles d'hier et celle d'aujourd'hui, rien ne vaut l'examen d'un morceau de tissu. Sans doute parce qu'il n'est fait que de fils et de liens, et des voyages de la navette.

E. O.

Je vous livre deux extraits choisis parmi ceux qui m'ont le plus frappées. Cécile était plus impressionnée par le voyage aux Etats-Unis, sans doute parce qu'elle n'y a jamais mis les pieds. Pour moi, la découverte est au Brésil et l'interrogation vient de la Chine :

 

"Homme de fois anciennes, encore accroché aux bonnes classifications de la Genèse, je croyais qu’animaux et plantes appartenaient à deux règnes différents.
Erreur.
–    Connaissez-vous les araignées ?
–   
Le visiteur le moins savant de la faune brésilienne a entendu parler de la grosse et très velue Mygale.
– Le Brésil dispose de a population d’araignées la plus diverse au monde.
Je présente à mon hôte mes félicitations les plus sincères pour cette bonne nouvelle.
–    Nous avons décidé de les mettre à contribution.
–    Pardon ?
–    Chacune doit participer au développement national.
Je ne peux qu’exprimer mon plein accord. Mais quelle aide pouvons-nous attendre de ces industrieuses bestioles ?
–    Les fils que fabriquent les araignées sont remarquables par leur finesse, leur flexibilité et leur solidité. Toutes qualités que nous souhaitons accroître dans notre coton pour en faire le meilleur du monde. La solution est simple. Parmi toutes nos araignées, choisir les meilleures ouvrières. En prélever le gène et l’introduire dans le plus doué de nos cotonniers."


"Je compte. Dans le hall immense, deux bons hectares de l’usine d’Americana, je ne vois que neuf ouvriers s’affairant d’une machine à l’autre. J’en fais part au directeur, qui prend ma remarque pour une critique.
–    Vous avez raison. La main-d’œuvre est encore beaucoup trop importante dans cette usine. Venez visiter l’unité 2, juste à côté, beaucoup, beaucoup plus moderne.
De nouveau je compte. Cinq ouvriers seulement.
Le directeur grimace.
–    Je sais, me dit-il. C’est encore un peu trop pour résister aux Chinois. Quel est donc le secret de ces Chinois, l’arme qui les rend si forts ?
Depuis longtemps j’ai réfléchi à cette question. Je vous livre ma réponse : les Chinois ont inventé l’ouvrier idéal. C’est-à-dire l’ouvrier qui coûte encore moins cher que l’absence d’ouvrier."

http://www.erik-orsenna.com/

 

05 janvier 2008

"L'An I de l'ère écologique" d'Edgar Morin

[édité le 5/1/8 à 14h45]

Je lis par paragraphe (entre mes flux RSS, le dernier Harry Potter et la saga des Hauteville) le livre d'Edgar Morin que j'avais commandé à ma libraire préférée en novembre dernier : L'An I de l'ère écologique (avec la collaboration de Nicolas Hulot et imprimé sur papier recyclé), un recueil de textes écrits au cours de ces 35 dernières années.

Morin_An_I_de_l_ere_ecologique

C'est en 1972 que Morin écrit ceci dans le premier texte qui donne son titre au livre :

"A un niveau fondamental ou radical, cependant, le problème écologique nous oblige à envisager la restructuration de la vie et de la société humaine."

Il serait temps non seulement d'y penser mais de s'engager à le faire vraiment !

2007 est vraiment l'An I de lère écologique avec ENFIN le début d'une prise de conscience planétaire de l'urgence, grâce/à cause du changement climatique, stigmatisée par la fonte de la banquise arctique l'été dernier, la nomination d'Al Gore au Nobel de la Paix et au niveau national, le show mediatico-politique de notre Grenelle de l'Environnement. Espérons que 2008 verra le début d'une amorce de changement. Le semi échec de la Conference de Bali laisse penser que cela risque de prendre encore beaucoup d'autre temps avant que les adeptes de la civilisation occidentale matérielle prennent conscience que leur confort passe aussi par la santé et le cadre de vie. Espérons que cela se fera par consentement et non par force !

"la conscience écologique, c'est :

1°) la conscience que l'environnement est un écosystème, c'est-à-dire une totalité vivante auto-organisée d'elle-même (spontanée) ;

2°) la conscience de la dépendance de notre indépendance, c'est-à-dire de la relation fondamentale avec l'écosystème, laquelle nous entraîne à rejeter notre vision du monde objet et de l'homme insulaire. C'est du reste la seule façon de comprendre les vérités des philosophies non occidentales _ asiatiques et africaines _, de nous réconcilier avec elles et de déboucher sur une vision universelle du monde."

Edgar Morin ajoute ici :

"L'homme doit se considérer comme le berger des nucléoprotéinés _ les êtres vivants_ et non commme le Gengis Khan de la banlieue solaire. Enfin, sur un plan pratique immédiat, l'homme doit reconsidérer tout le problème du développement industriel."

une idée qu'il revise en 1989 dans le texte "La pensée écologisée" :

"L'homme doit cesser d'agir comme un Gengis Khan de la banlieue solaire et se considérer, non pas comme le berger de la vie, mais comme le copilote de la nature. Un double pilotage est désormais requis par la conscience écologique : l'un profond, qui vient de toutes les sources inconscientes de la vie et de l'homme, et l'autre, celui de notre intelligence consciente."

Je remarque qu'Edgar Morin s'adresse ici aux seuls mâles de l'espèce, les comparant à un des plus illustres conquérants sanguinaire de l'histoire de l'humanité. Peut être qu'il faudrait commencer par ne pas oublier en France et dans sa langue, l'autre moitié de l'humanité ? Comment donc agir comme des copilotes de la nature quand on oublie par défaut de langage la moitié de l'espèce ? Bon, ceci dit, ce petit recueil est très intéressant, j'essaierais d'en reparler. Ou alors lisez-le, il est tout petit mais très dense ! Ou comme le dit ces jours-ci Morin dans un chat du journal le Monde.fr : "Il faut abandonner la recherche du toujours plus pour une recherche du toujours mieux."

Bref, à moins d'être inconscients que nous sommes une des espèces animales de la planète Terre, même si notre espèce est spécialement hypertrophiée de la cervelle, nous devrions tous être écologiques de naissance. Malheureusement cette hypertrophie est un handicap congénital.

   

03 janvier 2008

La sélection de livres de Noël de Cécile

La sélection de livres de ma libraire préférée arrive après les fêtes mais comme c'était une surprise pour tous, il m'était difficile de vous la donner avant. Cécile est arrivée comme la mère Noël avec une lourde hotte sur le dos chargée de livres pour chaque âge ! Ce choix pourra servir par exemple pour les retardataires et/ou pour les anniversaires.

J'ai reçu  les notes de lecture de Cécile hier soir :

Pour Papa :

Le polar du siècle (paraît-il !) : Millenium T1 " Les hommes qui n'aimaient pas les femmes", de Stieg Larsonn, un pavé bien prenant, avec 2 autres tomes aux noms tout aussi alléchant ("La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette" et "la reine dans le palais des courants d'air")... Et l'auteur a trouvé le moyen de mourir juste avant la publication du troisième tome !

Pour Nessy :

Je te laisse commenter !

"Les Chevaliers de proie - Le sang des Hauteville" Tome 1 de Michel Subiela

Bon donc je commente. Le choix du livre m'a éberluée, c'est celui que j'aurais rêvé d'écrire si j'étais écrivain ou historienne ou les deux et si j'avais su lire le latin, le grec ancien et l'italien. Il s'agit du premier tome de la saga (moi je l'aurais appelée l'épopée) des Normands partis courir l'aventure et se tailler des royaumes en Italie et autour de la Méditerranée au Moyen Age. Je collectionne des caisses d'archives sur le sujet depuis un dizaine d'années ! Michel Subiela a su restituer l'ambiance de l'époque avec talent. J'ai très hâte de lire la suite, le premier tome a été dévoré en moins de 48h. Voici un extrait du 4e de couv :

"Voici, racontés pour la première fois, au long d'une chronique romanesque, les aventures picaresques, les amours, les souffrances et les triomphes de ces jeunes guerriers Francs, de ces descendants de Vikings, lancés vers le soleil et la mer violette à la poursuite d'un rêve qui avait le parfum de la sueur et du jasmin, du sang et de l'oranger."

Pour Mamie D. :

"1001 bonheurs de Soeur Emmannuelle", qui a autant de joie dans le coeur que ma petite mamie, et un sourire toujours éclatant malgré ou grâce à ses 100 ans !

Pour Mamie M. : "alabama Song" de Gilles Leroy, goncourt de l'année, l'histoire à la première personne de Zelda, la femme de Francis Scott Fitzerald. Zelda, écrivain maudite, caché dans l'ombre de la gloire d'un mari aux trop grandes frasques.

Pour C. (fillle de 17 ans 1/2), qui voulait du romantisme, de l'intrigue, de l'action et de l'aventure, quoi d'autre que les misérables ? Et bien sûr l'intégrale de "A la croisée des Mondes" de Pullman parce que si elle l'avait déjà lu, elle l'aurait aussi déjà relu !

(je confirme, en ce moment elle dévore à pleines dents)

Pour N. (garçon de 20 ans) : "La mécanique du coeur", par le chanteur du groupe Dyonisos : un livre fantasy fantastique, où le héros à une horloge à la place du coeur, prête à lui transpercer le coeur s'il tombe amoureux...
Ce qui arrive forcément ! Entre Tim Burton et le western spaguetti, une belle ode à l'amour un "brin" décalée.

(humm je lirais un jour !!!)

Pour H. (fille de 15 ans 3/4) et F. (garçon de 10 ans 3/4) frère et soeur, de quoi se battre à savoir qui lira en premier le Tome 1 : Les deux tomes de "Tobie Lolness" de Timothée de Fombelle, la révélation 2007 pour toutes les personne entre 9 et 99 ans qui aiment : lire, les arbres, l'aventure, les héros courageux et malicieux, l'écologie, les belles histoires d'amour, et l'humour à l'anglaise, sans compter les belles illustrations de Francois Place.

(ça je vais lire aussi ! Cécile, je te commande les 2 tomes ...)

Pour E. (garçon 12 ans 1/2), "Les messagères des abysses" d'Arthur Tenor, préfacé par Nicolas Hulot s'il vous plait, un super roman d'anticipation écologique sur un ado de 14 ans qui tente de sauver le monde et les baleines. Un cri d'alarme bien vu, qui montre qu'il est parfois dur de vouloir crier le danger quand personne ne vous prend au sérieux.

Pour M. (fille 12 ans) : THE Artemis Fowl T1 d'Eoin Colfer : "vous ne prendrez plus jamais les farfadets pour de mignons lutins sans défense" ou "comment un richissime génie du crime de 12 ans essaye de kidnapper une fée capitaine d'un commando d'élite des FAR armée d'un neutrino 2000 et secondée par un centaure qui se prend pour Einstein"... Sans commentaire

Pour E. (fille 10 ans) : le bouquin d'Eoin Colfer, pour les un peu plus petits : "Fletcher mène l'enquête"... fletcher est un jeune écolier, super détective... Fun ! Ecrivain génialissime ! Quel irlandais !

 

13 novembre 2007

ma libraire préférée a des couettes et les joues roses

A peine entrée dans la boutique, je me retrouve avec le dernier Harry Potter dans les bras, puis, les couettes émergeant d'une pile de bouquins, Cécile me conseille la lecture de Passe de la Chimère, Un moine à l'Île de Quéménès, de Jean-Yves Quellec, édition Les cahiers de Clerlande n°11. Sur la belle couverture d'un bleu profond du petit livre est déposé un post-it rose en forme de coeur sur lequel je lis "une écriture épurée, érodée au vent du large". C'est le coup de coeur de la semaine, ou du mois. Je ne sais pas, je ne viens pas assez souvent. Il est écrit par un moine qui s'est retiré trois semaines sur un îlot presque désert de l'archipel de Molène, précise Cécile. Je l'ouvre ...

p. 30 :
Le troglodyte farceur est en réalité un roitelet avec qui j'ai fait plus ample connaissance. C'est un soulagement de lui avoir restitué sa véritable identité. Il y a tant d'erreurs sur la personne qu'il est bon de pouvoir s'en abstenir.

p. 26/27 :
Le visage est la part la plus superficielle d'un homme ou d'une femme, la plus apparente. Le mystère est en surface. Il faut chérir la surface. Le prétendant aux profondeurs parfois se refuse à l'évidence. Il scrute les replis du coeur mais, si je t'aime, je t'ai dans la peau, nécessairement. Nous ne sommes pas des anges.

C'est un moine qui écrit cela ? Le livre vient se poser sur le dernier tome de l'aventure du petit sorcier.

Je feuillette encore.

p.62
Les lapins de l'est sont un peu malingres et ils ne pensent pas à s'expatrier. Chacun son champ ou sa portion de dune. S'il leur prenait l'envie de franchir les frontières, les lapins oppulents auraient vite fait de les chasser. Ici non plus, l'immigration n'est pas sans risque. C'est pourquoi ces déshérités crèvent sur place sans déranger le monde.

C'est alors qu'un livre me revient en mémoire. Cependant je n'ai qu'un nom, Morin et une idée de titre portant sur l'écologie. Qu'importe, Cécile retouve en moins de cinq minutes sur internet L'An I de l'ère écologique d'Edgar Morin, aux éditions Tallandier, qui ne figure pas sur les rayons mais qu'elle commande aussitôt.

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