M
D’après Marc-Alain Ouaknin, « Les mystères de l’alphabet »
Livre retrouvé puis acquis au café Librairie Caplan à Guimaëc
lors de la rencontre avec Naturel et Sar@h
Nom
M est l’initiale du mot hébraïque mèm qui signifie « eau ».
Formes originaires en protosinaïtique
Filet d’eau, vaguelettes à la surface de l’eau.
Formes classiques du aleph en hébreu moderne et classique
Sens originaires
Eau, eaux.
Sens dérivés
Mouvement, dynamisme, courant, questionnement sur l’identité, identité en mouvement, question sans réponse (le mot mayim ou mèm se compose de deux mi, l’un qui s’écrit de la droite vers la gauche et le second de la gauche vers la droite).
MY ou mi signifie en hébreu « qui ? » question sur l’identité. La lettre grecque mu se prononce quasiment mi et préserve cette notion de questionnement sur l’identité ; désir, volonté ; tension vers. Il est possible de voir dans l’évolution de la lettre et son passage de la verticale à l’horizontale, et inversement, des modifications sur l’objet du questionnement identitaire. Le mi vertical est interrogation théologique, vers Dieu, « Qui es-tu ? » Le mi horizontal est anthropologique, « Qui es-tu, toi l’homme ? », origine, racines.

L'archange Mikaël, "Qui est comme Dieu ?"
Comme nous l’avons souligné au début de ce chapitre, la lettre mèm désiqgne l’eau, le filet d’eau ou le courant, voire le fleuve. La notion essentielle rattachée à cette lettre est ainsi le mouvement, le flux, l’écoulement, la dynamique d’une existence sans rupture, une démarche continue vers un ailleurs, modalité métaphorique et métaphysique de l’être. L’eau exprime aussi la possibilité de la purification. Au-delà des problèmes d’hygiène, la purification est liée à la vie en tant que mouvement et dépassement, elle est liée aussi à la conscience claire que nous sommes des êtres mortels. Malgré cette conscience que nous sommes des créatures vouées à la finitude, nous ne devons pas nous laisser aller au désespoir. L’impureté est la confrontation avec sa propre finitude lorsque nous croyons ne pas pouvoir en sortir. La pureté et plus précisément la purification est le travail qui consiste à surmonter l’illusion « d’une insoutenable lourdeur de l’être ». En entrant, en s’immergeant dans l’eau vivante, courante, dynamique du fleuve, l’homme reprend conscience de sa dynamique intérieure qui est le fondement de la vie, « fontaine de jouvence » et « eau de vie » existentielles. Il est intéressant de savoir que, d’après la tradition hébraïque, on ne peut pas se purifier dans l’eau stagnante. Il faut nécessairement de l’eau de pluie ou de l’eau naturelle (rivière, océan, etc.) en mouvement.
Sens acquis et mémorisés par la langue hébraïque
Eau, eaux, marque grammaticale au masculin pluriel im (placé en fin de mot), préfixe qui indique la provenance, l’origine (ani ba mé … : je viens de … ).
Valeur numérique
40
évolution des caractères
image provenant du site de l'aleph à l'@
"je dis M, la N je la jette !"
Matthieu Chédid, M

MEM, la Grande Mère
Tarot des Lettres Hébraïques sur Eternel Présent



