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25 septembre 2007

Le nucléaire n’est pas une solution à l’effet de serre _ GREENPEACE

GREENPEACE
Briefing presse – septembre 2007

Le nucléaire n’est pas une solution à l’effet de serre (.pdf)

À l’heure où les changements climatiques, les promoteurs de l’industrie nucléaire sont  tentés de promouvoir, un argument que contestent toutes les associations de défense  de l’environnement pour de multiples raisons. 

Le nucléaire est inefficace en terme de réduction d’émissions de CO2
Admettons qu’on relance massivement le nucléaire à l’échelle mondiale d’ici 2030.  Selon l’économiste Benjamin Dessus et l’ancien expert du Comité à l’énergie atomique Philippe Girard1 , multiplier par trois le nombre de centrales dans le monde ne réduirait  . les émissions de CO2 que de 9 %.Un résultat très faible en termes de lutte contre les  changements  climatiques,  qui  impliquerait  un  investissement  astronomique  –  780 milliards  d’euros,  un  tiers  de  l’aide  publique  au  développement !  –,  et  qui  entraînerait l’épuisement des réserves mondiales d’uranium dès 2030…

Le nucléaire n’alimente pas les secteurs les plus émetteurs de CO2 
Contrairement au pétrole ou au charbon, le nucléaire émet certes peu de gaz à effet de  serre. Mais il représente moins de 3 % de la consommation finale d’énergie au niveau  mondial – seulement 17 % en France, où il est pourtant omniprésent. Les besoins  couverts par le nucléaire ne concernent que l’électricité, soit au maximum un quart de  nos besoins énergétiques. Il est totalement inopérant dans d’autres secteurs fortement  émetteurs de CO2, comme les transports. Ainsi, les 440 réacteurs actuellement en  activité dans le monde ne permettent d’économiser que 4 à 6 % des émissions de  CO2.

Le nucléaire est hors délais face à l’urgence climatique
Pour lutter contre l’effet de serre, c’est aujourd’hui qu’il faut transformer les modèles  énergétiques des pays développés et aider les pays en développement à s’engager  dans une bonne maîtrise de l’énergie. Dans 20 ou 30 ans, il sera trop tard. Impossible, donc, de miser sur des débouchés hypothétiques comme le nucléaire de 4e génération,  qui ne sera pas opérationnel avant 2040, ou encore la fusion nucléaire, qui ne serait  disponible qu’après 2050 ! Il sera trop tard pour agir.

Le nucléaire n’est pas une énergie renouvelable
Les ressources en combustibles nucléaires sont limitées dans le temps. Les réserves  d’uranium,  qui  alimentent  les  réacteurs,  sont  estimées  à  60  ans  au  rythme  de  consommation actuelle. Un délais très court, qu’il faudrait encore revoir à la baisse si le  secteur devait se développer. Un tel constat exclut une relance massive sur la base de réacteurs classiques à uranium enrichi. Quant à aux réacteurs de 4e  génération, qui  fonctionneraient à partir de plutonium, ils ne seront pas disponibles avant 2040 et  fonctionnent  à  partir  de  plutonium,  un  combustible  qui  multiplie  les  risques  de  prolifération et de détournement des matières fissiles. 

Le nucléaire est incompatible avec une politique d’efficacité énergétique
Le constat est unanime : prendre des mesures d’efficacité et de sobriété énergétiques  est une priorité pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Elles recèlent un  potentiel supérieur, elles sont plus rentables et leurs effets sont plus rapides que le  nucléaire. Le dispositif français, caractérisé par sa surcapacité, entraîne à l’inverse un  phénomène de gaspillage énergétique considérable :
-  les centrales ont besoin de fonctionner jour et nuit pour être amorties, quelle  que soit la demande d’énergie ;
-  la surcapacité induit des réflexes de gaspillage considérables et maintient l’idée  selon laquelle plus de consommation équivaut à plus de confort ;
-  cette surcapacité crée des excédents qui sont revendus à un coût marginal et  qui sapent le développement des alternatives ;
-  le  système  électrique  ultra-centralisé  imposé  par  le  nucléaire  provoque  un  gaspillage (autoconsommation des centrales et pertes en ligne sur le réseau  électrique) qui représente l’équivalent de la production de 7 réacteurs.

Le développement du nucléaire se fait aux dépends des renouvelables
Le nucléaire cannibalise environ 80 % des budgets de recherche et développement  dans le secteur de l’énergie et freine ainsi l’expansion des énergies renouvelables. 

Le nucléaire est très sensible aux changements climatiques
En été, le rendement d’une centrale se dégrade. Les réacteurs doivent même être  arrêtés si la température devient excessive… Ainsi, en 2003, durant la canicule, alors  que le pays entier – les agriculteurs notamment – manquait d’eau, il a fallu arroser le  toit de la centrale de Fessenheim pour la maintenir en fonctionnement. Au regard des  conséquences prévisibles des changements climatiques, des épisodes comme celui de  Fessenheim ne manqueront pas de se reproduire. L’alimentation en eau des centrales,  se fera au détriment de la biodiversité des cours d’eau, ou au prix de la création de  circuits  fermés  complexes  et  coûteux…  Tandis  que  les  risques  d’inondations  ne  manqueront pas de menacer ces installations une majorité de centrales situées à  proximité de rivières ou de la mer. 

Le nucléaire est réservé aux pays riches
« Les sommes colossales englouties dans le nucléaire mondial ne serviront jamais à la moitié pauvre de l’humanité », écrivait le chancelier Willy Brandt dans son testament² .  La lutte contre les changements climatiques est l’affaire de tous, y compris des pays en  voie de développement qui utilisent principalement des sources d’énergie fortement  émettrices en carbone. Or pour ces pays, pas question pour eux de geler les lourds  investissements exigés par le nucléaire pendant des périodes excessivement longues  au regard des délais de construction… De plus, la construction de centrales nucléaires  nécessite un important réseau électrique de lignes très haute tension pour absorber la  grosse quantité d’électricité produite en un lieu. Un tel réseau,très cher et fragile,   n’existe pas dans la plupart des pays émergents. Sans compter le développement  d’une industrie lourde et des personnels hautement qualifiés à former, payer… Le  nucléaire est donc une solution qui n’est pas universelle contrairement aux énergies  renouvelables.

Le nucléaire est exclu des mécanismes de Kyoto
Les pays membres de la Convention cadre des Nations unies sur les changements  climatiques ont exclu le nucléaire des mécanismes de flexibilité du protocole de Kyoto,  c’est-à-dire des mécanismes qui permettent à un pays de faire autre chose que  diminuer ces propres émissions (marché de CO2, développement d’infrastructures  dans un pays du sud, etc.). Pourquoi ? 
-  parce qu’il est impossible de s’engager sur des délais de construction et donc  de donner une valeur aux émissions, qui restent toujours incertaines ; 
-  parce qu’un mécanisme économique d’incitation comme le prévoit Kyoto a peu  d’influence sur des choix avant tout politiques et dépendant des autorités  publiques, comme c’est le cas du nucléaire ; 
-  enfin parce que les questions de la prolifération, de la surcapacité des  réacteurs, des déchets etc. se posent avec encore plus d’acuité dans les pays  en développement. 

(1) Voir le scénario « Sunburn » de Benjamin Dessus et Philippe Girard, dans les Cahiers de Global Chance, n° 21, mai 2006, www.agora21.org/global-chance/GC-N-21.pdf
(2) « Nord-Sud un programme de survie », testament du Chancelier Willy Brandt.

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